09.08.2009

Les Castellers au top de la feria de Millas

castellers.jpgChaque année, la Feria de Millas fait la part belle à la tradition catalane. Hier, trois colles de Castellers, deux de Catalogne du sud et une du Roussillon, les Castellers du Riberal, sont montés toujours plus haut devant un public admiratif. Aujourd'hui, huit colles de Gegants défileront.

Le langage symbolique de la tradition renvoie les Castells (châteaux en catalan) aux tours de guet qui, au Moyen âge, annonçaient de loin l'arrivée de l'ennemi et permettaient de se préparer à l'affronter. Les tours humaines seraient donc une sorte d'hommage rendu à ces tours, et peut-être le souvenir ancien de quelques victoires dues à la vigilance du guetteur.

La coutume des Castellers nous vient de Catalogne du Sud, où la tradition a fortement été marquée par la Reconquête. Tombé en désuétude, le Castell est revenu avec force au sud des Pyrénées depuis les années cinquante, et a fait son apparition en Roussillon en 1997. Hier, deux équipes de Catalans du sud, les Tirallongues de Manresa, à la chemise grise, et les Nois de la Torre en bleu clair, effectuaient une prestation remarquée aux côtés des Castellers du Riberal, en chemise verte et "mocador" rouge.

foulecastel.jpgLes Castellers du Riberal a été la première "colla castellera" de la Catalogne du nord, et a été fondée par Hervé Pi. Elle a son siège à Baho, mais sa centaine de membres vient aussi des villages environnants. Aujourd'hui, le "cap de colla", le chef, est Rafael Renyé, et l'équipe, selon l'expression consacrée, a de 7 à 77 ans. 

Beaucoup de jeunes semblent s'intéresser aux colles de Castellers. Ainsi Florian qui voit dans le Castell l'occasion de "participer à une tradition qui alimente une culture catalane vivante". A quoi Ali et Guillem ajouteront d'autres aspects :"la colla c'est notre seconde famille".

Tradition et sport

Voilà pour le sentiment. Maintenant, parlons muscles. "C'est vrai, c'est un sport !", acquiesce notre trio qui s'entraîne deux fois par semaine. Un sport où il faut "le sens de l'équilibre au physique comme au mental, et la force". La force, surtout pour ceux qui composent le socle de la tour humaine, "le baix", et portent les autres Castellers sur leurs épaules ; l'agilité pour ceux et celles (car il y a des dames, des demoiselles et des enfants dans la tour) qui vont constituer les divers étages. Et il faut du bon sens encore, ce que l'on appelle en catalan "el seny". Le bon sens recouvre la non prise de risques : "On préfère démonter le Castell et ne pas parvenir à ce que l'on s'est fixé que de tomber ou faire tomber quelqu'un", explique Guillem.

fillette.jpgA deux pas de la mairie, les trois colles se préparent. Elles commencent par faire "un pilar" (un pilier) qui montera aussi haut que faire se peut. Ensuite chaque équipe s'assignera un but : pour les Castellers del Riberal, c'est une "4 de 6", c'est-à-dire une tour de six étages comprenant à chaque étage quatre Castellers (leur record est de 7). En bas, la "pinya" soutient la base ; la "pinya", c'est une entreprise solidaire à laquelle participent aussi les autres colles.

La musique est là pour encourager les Castellers à monter toujours plus haut, les visages se crispent, les muscles tremblent, avec souplesse les plus légers escaladent les plus costauds, le Castell ne peut s'élever qu'avec le concours de tous, quelque chose qui rend chaque humain égal à l'autre.

Les commentaires sont fermés.