22.11.2010

La Côte broyée à la sauce millassoise

Millas avait sans doute davantage besoin de la victoire et s'en est donné les moyens hier dans un derby où la Côte Vermeille, en plein doute actuellement, n'a que trop peu tenté pour espérer remporter le magot.

GMT_4821.jpg
GMT_4838.jpg
GMT_4829.jpgSalvat, Grando et Billes (qui marque le deuxième essai), ont été trois des artisans du succès millassois. Photos Gérard Maincent

C'est   une joie intense, un pur délice au coup de sifflet final. En traversant le terrain, les sourires ont rongé les visages des joueurs du Riberal. On disserte, on raconte, on se fait plaisir. Ça dégouline, ça sent bon la belle histoire de potes. En décrochant son troisième succès de la saison, devant son homologue roussillonnais déshabillé du point de bonus défensif dans les derniers soupirs de la rencontre, Millas s'est offert une bonne bouffée d'oxygène. Oh, ce matin, Millas ne fait pas le paon, mais le soulagement était palpable, hier, du côté de Roquefort. Dans le sillage d'un Allègre impeccable, l'USM s'est encore nourrie de force, de courage et de vaillance, bref de tout ce qui peut bien couler dans leurs veines depuis tant d'années, pour essarter le chemin du bonheur.   « Elle fait du bien celle-là, d'autant qu'aux vertus bien connues du club, nous nous sommes efforcés de produire du jeu, se félicitait Marc Juan, le co-entraîneur, des étoiles plein les yeux   à la lecture des résultats plutôt favorables des autres rencontres de la poule.   Nous savons bien que nous ne sommes pas le Stade Toulousain, mais les joueurs nous ont fait plaisir aujourd'hui. Le travail commence à porter ses fruits ».

La bave aux lèvres

Car excepté une étincelle en tout début de rencontre, la Côte n'a que trop rarement exhibé son costume trois pièces, engoncée dans un jeu d'avants trop systématique. Comme le Canigou qui cachait son nez sous un épais manteau brumeux, le bataillon « vert et noir » semble aujourd'hui emmitouflé d'une peau de doutes et d'interrogations. Entre la frustration des arrières trop peu sollicités et la déception de leur deuxième défaite consécutive (après Elne 17-14), il sourdait une certaine tension dans les rangs maritimes en toute fin de match. Seule la botte précise de Marty a permis de maintenir, un temps, le bateau, à flot (6-9, 20). La suite ? Une domination outrageuse des locaux, la bave aux lèvres quatre-vingts minutes durant. A l'image de ce premier essai de Paul Ribes, profitant d'une glissade de Roque (par ailleurs le meilleur maritime hier), pour planter son nez dans le gazon (11-9, 22) ou encore à ce pilonnage en règle, autour de la demi-heure de jeu, récompensé par la deuxième réussite de l'USM. Sur le coup, c'est Grando qui sonne la charge et lamine un peu plus la lande. Argiles ouvre pour Nicolas Ribes et Billes, guibolles agiles et frétillantes, lancé comme une balle, déchire, plein axe, la défense visiteuse pour s'affaler dans l'enbut (18-9, 33). A la reprise, Nicolas Ribes, le buteur local, enfonce un peu plus le clou (21-9, 55). Les augures semblent alors limpides, pour les Millassois même si le diabolique Marty, ramène les siens à une portée de fusil (21-15, 75), avant que Nicolas Ribes ne les prive du maigre magot défensif à la sirène.

Arnaud Hingray

Les commentaires sont fermés.