28.11.2010

Mystère des corps retrouvés à Millas : on se perd en conjectures

corps.jpgSurvol   de la zone   en hélicoptère, ratissage des lieux avec un chien dressé à la détection des explosifs et munitions : les recherches menées hier autour de Millas n'ont pas fait avancer l'enquête sur les deux corps découverts jeudi matin, emballés dans des tapis et des sacs à gravats. Deux hommes non identifiés, exécutés d'une et de deux balles tirées dans la tête, et sur lesquels les enquêteurs s'interrogent.

« Nous attendions l'extraction de leur profil génétique pour ce soir, mais il faudra sans doute attendre le début de la semaine », déplorait hier Jean-Pierre Dreno, le procureur de la République de Perpignan. L'ADN permettra de savoir si ces hommes, un quadragénaire et un sexagénaire, de type européen, sont de la même famille et éventuellement s'ils sont déjà fichés, en France ou à l'étranger.

Dépourvus de tout bijou, papier d'identité ou tatouage, ainsi que de leurs chaussures, les victimes restent pour l'instant de parfaits inconnus. Les seuls indices matériels aiguillent plutôt vers l'étranger : « L'un des vêtements a été acheté en Allemagne », indique une source proche de l'enquête.

« Les tapis dans lesquels ils étaient emballés sont de médiocre qualité, fabriqués en Turquie, et d'après le code-barre de l'étiquette, étaient distribués en Italie »,
précise le procureur.

Dans la nuit de mercredi à jeudi

Seul apport de l'enquête de voisinage : il semble établi que ces corps ont été déposés dans la nuit de mercredi à jeudi, le long d'un petit chemin difficilement carrossable. « On pense que ceux qui les ont laissés ont utilisé un 4X4 plutôt qu'un fourgon », précise une source proche de l'enquête. Quant au scénario de ce double crime,   « on se perd en conjectures ». « Est-ce qu'ils ont été tués ailleurs, et qu'on a franchi une frontière pour compliquer l'enquête ? Ou qu'on s'est débarrassé des corps avant d'aller en Espagne ? » Et quid de la présence d'une douille de 7.65 percutée auprès de chaque corps ? Ce calibre, qui était celui utilisé par la police française dans les années 80, n'est pas le préféré du grand banditisme. « Celui qui a laissé ces douilles a voulu laisser un message, faire savoir à quelqu'un qu'il a commis le crime », estime un enquêteur, qui penche plutôt pour un double meurtre commis dans la région : « Si on laisse un tel message, c'est pour qu'il soit reçu localement, et pas à l'autre bout de l'Europe. » Dernière question en suspend : selon l'évolution des investigations, l'enquête pourrait être confiée à la Jirs de Marseille, chargée de la criminalité organisée, ou à un autre parquet que celui de Perpignan, si le lieu du crime est déterminé en dehors du département.

F. B. (Midi Libre)

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