29.01.2014

Les Compagnons du devoir font des émules

La Maison des Compagnons a ouvert ses portes, suscitant auprès de jeunes quelques vocations.

millas, compagnons du devoir, thibault Cadoret, Auvergnat, Arnaud Belland, manceauiLes Compagnons du devoir avaient à cœur de présenter au public leur «maison» et leur «système de formation atypique et unique » aux vingt-huit métiers.

Les journées portes ouvertes donnent l’occasion de se rendre compte de visu de la qualité de l’enseignement et de l’ambiance qui règnent à la Maison des Compagnons, avec ses métiers qui font appel à des connaissances parfaitement maîtrisées. Des métiers de savoir-faire manuels, qui ne manquent pas d’attraits. Ainsi Geoffrey (*), dix-sept ans qui suit pour le moment des études, est venu prendre le pouls de cet enseignement : « Mon parcours ne me plaît pas, j’aimerais me lancer dans le bois. En plus, c’est une formation reconnue, une belle aventure sur le plan humain et professionnel. » Sa mère qui l’accompagne est prête à le laisser partir. Car, prendre la route fait partie intégrante de la formation des Compagnons. Pendant cinq à sept ans, les jeunes Compagnons découvrent des méthodes de travail. Ils deviennent polyvalents.

Pratique et théorique

Arnaud Belland, dit «Manceau», a grandi dans les copeaux et explique : «Mon père était ébéniste. Je le regardais travailler quand j’étais enfant. Il m’a donné l’amour du bois », sourit le jeune homme. Aujourd’hui, Arnaud travaille dans une entreprise à Maureillas. Mais la journée ne s’arrête pas là.

Après le boulot, il rentre à Millas où le village accueille la Maison des Compagnons. Ici, résident les apprentis qui travaillent dans les Pyrénées-Orientales : des menuisiers, des boulangers, des couvreurs, des plombiers, des tailleurs de pierre, etc. Vingt-cinq jeunes de seize à vingt-cinq ans, dont cinq filles. « C’est une communauté très fraternelle, on est dans l’échange permanent.»

Pas de salles de classe pour l’apprenti menuisier mais des cours tous les soirs, de 20h à 22h: français, maths, dessin et technologie. «C’est du travail personnel. Il n’y a pas d’examens. Mais quand on est compagnon, on n’est pas là pour se tourner les pouces! »

« Transmettre »

Compagnon du devoir, Thibault Cadoret voyage et apprend cette formation longue et exigeante du travail de la pierre. Son tour de France l’amène à Millas où il s’affaire dans une société de la côte depuis quelques mois. « La retransmission des savoirs est un principe fondateur des Compagnons ", souligne Thibault dit « l’Auvergnat » qui effectue actuellement son parcours itinérant pour apprendre et transmettre son savoir «aux jeunes», car « on est Compagnon à vie ».

Arnaud (*) l'élève compagnon applique l’autre principe majeur: apprendre son métier par le biais du voyage. Devenir Compagnon, c’est avant tout une vocation. « Devenir apprenti demande de quitter le nid familial. À l’issue de ce tour d’horizon, il réalise un travail de réception qui lui permettra s’il est validé de devenir Compagnon. Quand on aspire à devenir Compagnon, on le devient à vie », conclut-il.

(*) prénoms d'emprunt

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