30.08.2014

Le discours de Manuel Valls

millas,christian bourquin,discours,manuel valls« Christian Bourquin va manquer, à ses proches d’abord, au débat politique bien sûr, ici comme à Paris, et à cette terre du sud qu’il aimait tant. Je connaissais Christian Bourquin depuis longtemps, notre dernière rencontre a eu lieu en juillet, malgré la maladie, je l’avais trouvé comme toujours énergique et passionné. Je me souviens de cette formule qu’il a avait inventé : l’accent catalan de la République française. Il était en effet profondément catalan, républicain et socialiste, et ça n’a rien à voir avec une carte. De la Catalogne il connaissait chaque canton, chaque village de ce territoire souvent oublié, méprisé de Paris. Il était un bon marcheur formé dans ces Pyrénées, cette belle Cerdagne, sur les pentes du Canigou qu’il aimait arpenter (...) Il m’avait offert un bâton de marche avec les couleurs du conseil général, les couleurs sang et or de la Catalogne; je l’ai toujours, il m’a suivi à Beauvau et aujourd’hui à Matignon. Il avait la culture du rugby et j’ai vibré à ses côtés il y a quelques années au Stade de France quand l’USAP a gagné un trophée important. Avec lui, on pratiquait le viril mais correct. C’était aussi un homme de culture. Un jour, à la préfecture des P.-O, quand j’étais ministre de l’Intérieur, il m’avait parlé musique et peinture. Il était profondément Catalan et totalement républicain. La République n’était pas pour lui un vain mot. Pour lui, la République était aussi l’exigence de servir ses concitoyens. On dit tant de mal d’eux et pourtant, l’immense majorité d’entre eux est là pour servir. À l’image de Christian Bourquin, beaucoup donnent leur vie, s’engagent jusqu’à leur dernier souffle pour servir et pas se servir. Maire, conseiller général, député, président du conseil général puis du conseil régional, sénateur; c’est un parcours exceptionnel. Un élu comme sans doute on n’en retrouvera pas, il avait tout gagné et a fait gagner la gauche et les socialistes ici, dans les P.-O. Aujourd’hui, au nom du gouvernement de la République, je veux dire à sa famille, ses enfants, sa compagne, que la voix toute particulière de Christian Bourquin nous manquera mais résonnera toujours dans les mémoires. De Català a Català : adéu Christian Bourquin ».

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