07.11.2014

Exercice de confinement: les enfants sont bien en sécurité

Une simulation de crise a impliqué hier les établissements scolaires du département. On a testé les consignes et gestes de sécurité en cas de présence d’un nuage toxique dans les environs des écoles. Exemple à Millas.

millas, école► Les enfants ont été confinés dans des salles dont les aérations étaient calfeutrées pour empêcher le gaz toxique de pénétrer. Des jeux ont dédramatisé la situation.

Soixante-dix-huit établissements scolaires du département étaient hier en alerte. Il s’agissait d’un exercice de grande ampleur destiné à tester les procédures de prévention en cas de risque majeur. Celui qui était imaginé ce jeudi en temps réel simulait un accident de camion transportant des matières dangereuses. On imaginait qu’un gaz toxique se dirigeait alors vers ces écoles, collèges et lycées. Il était donc nécessaire de confiner les élèves dans des salles sécurisées. Le tout si possible sans panique et dans la plus grande sérénité. 

« Nous effectuons annuellement un exercice d’évacuation des locaux comme s’il s’agissait d’un départ de feu, explique Germain Fraguas le directeur de l’école maternelle de Millas concernée par cet exercice. Ce qui nous est proposé aujourd’hui est d’un autre domaine, bien plus complexe que simplement regrouper les enfants dans la cour. Nous devons en quelques minutes diriger les 150 élèves de notre école dans des salles prévues à cet effet, confiner les bouches d’aération, les fenêtres et les portes et tout mettre en sécurité en attendant la fin de l’alerte ».

 Corne de brune et rouleaux de scotch

9 h 15, celle-ci est déclenchée. Avec une corne de brume le directeur prévient ses collègues qui sont en classe. Immédiatement et dans le plus grand calme, les enfants sont regroupés dans la salle de motricité et dans une autre salle de classe dédiée. Pour les bambins c’est un nouveau jeu, il est vrai qu’ils n’ont que 4 à 5 ans.
On s’installe tranquillement alors que les maîtresses et les Atsem (agents spécialisés des écoles maternelles) calfeutrent les aérations avec du scotch large. En même temps les responsables comptent les enfants, les rassurent si besoin et vérifient que tout se passe pour le mieux. « Dans ces salles par exemple nous n’avons pas de toilettes, confie encore le directeur, il faut y prévoir des seaux en cas de besoin, comme il est nécessaire de disposer de talkie-walkie pour communiquer entre les différentes classes isolées les unes des autres. Il faut aussi rester constamment près du téléphone et de la radiopour attendre les consignes ». C’est en effet la radio, France bleu Roussillon en l’occurrence, qui donnerait les consignes en cas d’accident réel. Hier une émission test était enregistrée et diffusée. Le directeur suivait alors l’évolution de l’accident fictif minute par minute pour connaître la situation à l’extérieur de l’école calfeutrée. « Nous devons aussi gérer les appels téléphoniques de parents affolés, poursuit le directeur, nous devons rendre compte aux élus à la mairie qui sont eux aussi en alerte, et l’inspection académique qui suit l’opération en direct ». Pour plus de réalisme, hier des appels figurant des parents et des personnes extérieures étaient reçus par le directeur qui devait y répondre comme pour de vrai.

 Les élus rassurés eux aussi

Pendant ce temps-là les enfants jouent, dessinent, chantent sous la direction de leurs maîtresses sans se douter que dehors un gaz se diffuse dans les environs. « Cet exercice, poursuit Germain Fraguas, doit se poursuivre sur une certaine durée, il est nécessaire de voir comment la situation évolue après plusieurs dizaines de minutes de confinement »

C’est à 10 h30 que finalement l’exercice prend fin. On aère les locaux, qui ont en bien besoin, on reconduit les enfants dans les classes et la récréation va bientôt détendre tout le monde. Place alors au débriefing pour lister ce qui a bien fonctionné et ce qui pourrait être amélioré. Dans l’ensemble tout ici c’est bien passé, les élus présents sur place pour comprendre au plus près les contraintes des écoles dans la gestion d’une crise majeure sont eux aussi rassurés. Tout est prêt pour faire face si besoin à une situation exceptionnelle. Denis Dupont

A chaque type de crise ses gestes précis

Les établissements scolaires possèdent tous des plans de prévention et de mise en sûreté (PPMS) avec des “fiches action” qui énumèrent les conduites à tenir en cas de crise. Pour un départ de feu, un séisme, une inondation, une émanation de gaz toxique ou des vents violents, les gestes et les actions d’urgence sont différents. L’exercice global de ce jeudi était unique dans l’académie de Montpellier, il a concerné 53 écoles primaires et maternelles, 21 collèges, et 4 lycées. A la préfecture, une cellule de crise départementale était également mise en place, dans les mairies les élus étaient également impliqués. Cette organisation avait pour but d’améliorer la réactivité des personnes en les entraînant aux gestes adaptés aux différentes circonstances. Cet exercice sera renouvelé chaque année avec un scénario différent. « Ce qu’il est nécessaire de rappeler, insistent encore les responsables de la Sécurité civile, c’est qu’en cas d’événement réel, les parents d’élèves ne doivent pas venir chercher leurs enfants à l’école, ils y sont en sécurité. Il est par contre nécessaire pour eux de se mettre aussi en sécurité et suivre les consignes des autorités qui seront diffusées à la radio ».

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