22.12.2014

Bernard Lopez l'homme orchestre

Initiateur de nombreux événements et manifestations au village, dont ce qui deviendra la feria, Bernard Lopez tire le rideau de son commerce emblématique. Mais l’homme reste amoureusement attaché à «son» Millas.

millas, bernard lopezBernard Lopez au centre, entouré du comité des feux de la Saint-Jean.

Né en 1952 à Amélie-les-Bains, dans le Vallespir, ses parents tenaient une pâtisserie à Arles-sur-Tech. En 1974, ils s’installent à Millas. Après l’armée et une année d’étudiant où la fête était déjà présente, deux raisons le ramènent à Millas : une, son père sonne le glas des études et deux, « le Canigou me manque ».

1971, tout part de là

Mais déjà, une date marquante, le 17 juillet 1971 : sa première grosse manifestation à Millas. S’occupant des feux de la Saint-Jean, il crée le comité d’animation culturelle, et lance la machine à spectacles. Avec, tenez-vous bien, de grosses pointures au stade (la salle El Médiator à Perpignan n’existait pas à l’époque). Et quelles pointures : Johnny Hallyday (1975 et 78), Michel Sardou (1980), Serge Lama (1981), puis de 1993 à 2002 Willy DeVille, les Rita Mitsouko, Noir Désir, Bernard Lavilliers et tant d’autres… Que de célébrités pour un si petit village avec toutes les anecdotes que cela comporte.

Et comment cet irréductible catalan a réalisé ces prouesses ? Le hasard et le coeur. Car voyez-vous c’est un homme qui fonctionne avec l’affectif. Il a bien quelques défauts, il est vrai, mais cette qualité lui fait renverser les montagnes et il sait être « bouro » quand il le faut, un ami, un contact avec des maisons de production, et ses projets deviennent réalité.

1984 : la feria

Et en 1984, l’idée de génie, voulant créer une fête populaire, humaine empreinte de catalanité, il lance l’idée d’une fête de village sur plusieurs jours qui deviendra la célèbre feria de Millas, qui grimpera crescendo, tout en trouvant la bonne fréquentation, atteignant les 25 à 30000 visiteurs sur quatre jours, le dimanche étant réservé en général pour les locaux qui « asmoursent » entre eux les lendemains de fête.

Sa force à lui, c’est qu’il a su s’entourer d’une équipe fidèle où l’amitié sert de ciment. Le comité d’animations, c’est 21 bénévoles, et l’organisation de la feria, 80 personnes. Car une amitié, vieille de 30 ans, ce n’est pas donné à tout le monde, et former ainsi une équipe solidaire, c’est rare. Mais la notion d’équipe, il l’a depuis ses 16 ans jusqu’à 30 ans, puisque comme tout bon Millassois qui se mérite, il a fait partie de l’équipe emblématique des « rouge et noirs » à XV avec deux titres de champions du Roussillon.

Toro et banda

Et c’est de là que lui vient son surnom « La Paste » qui deviendra la marque de fabrique de ce lieu festif qu’était la pâtisserie Lopez. Une ambiance comme ça, vous ne la trouviez pas ailleurs. On se donnait rendez-vous à « La Paste ». Ses parents déjà, voyez-vous, étaient ouverts jusqu’à 23 h, voire plus, et combien de couples s’étaient fait dans ce lieu, ou plutôt cette institution millassoise. Car entre Bernard Lopez et Millas, c’est une histoire d’amour. « Je l’ai vu grandir, j’ai tout donné pour Millas ». Là ce n’est qu’une face de la montagne, mais vous avez aussi ses deux autres passions, le toro et la musique avec la banda Les Canaillous. Le toro, car passionné comme son père, il est devenu en 1986 « le fou qui a amené les arènes à Millas». Mais qui a su amener aussi José Tomás, le torero qui remplit le plus les arènes, autant par son immense courage et son indiscutable talent, que par son nombre limité de corridas. Et l’avenir s’embellira par la création d’une peña taurine par la génération montante. Sans compter la feria du livre dédiée au dieu Toro et à ses aficionados. De l’écrit aux notes, il n’y a qu’un pas. Remontons quelques années en arrière : « A cette époque, j’avais comme voisin Gaby Adroguer, le coiffeur. Un jour, à mon anniversaire, j’ai eu une trompette », de là, le voisin devint prof, et l’apprenti « musicien et sorcier » lança la banda Les Canaillous, sur les bases des anciens de la clique fanfare, qui à l’époque, accompagnait les cavalcades et carnavals. Bernard Lopez, c’est avant tout une saga mais c’est surtout un homme qui marche à l’affectif. La pâtisserie, ce lieu emblématique, vient de fermer ses portes. Mais l’homme continue. Gérard Maincent
millas,bernard lopezBernard Lopez, à l’origine de la feria, voue une passion pour les toros.

Commentaires

Salut Bernard, 15 ans que je suis retraité de tout coeur je t'en souhaite + Amicalement
Jean-Louis GUILLEM.

Écrit par : GUILLEM | 23.12.2014

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