29.08.2014

Chapelle ardente de Millas: l’hommage du peuple

Recueillement de rigueur hier à la mairie de Millas.

millas, christian bourquinAprès les élus, qui sont venus se recueillir mercredi, c’était hier au tour des simples citoyens de venir rendre hommage à Christian Bourquin. Les visiteurs se sont succédé tout au long de la journée, à la mairie de Millas, dans la chapelle ardente où était installé le cercueil de l’homme politique. Joachim, 53 ans, du Soler, avait notamment tenu à effectuer le déplacement. « J’ai connu Christian Bourquin lors de réunions en lien avec mon activité associative, explique ce membre du bureau de la Société de tir catalane. Il a fait beaucoup pour le sport, les associations et la population en général. C’était quelqu’un de très chaleureux ».

Montagnes de fleurs

Les Millassois étaient aussi légion  à venir signer les cahiers de condoléances. Emilie, 33 ans, faisait partie de ceux-là. « Il a été un très bon maire, estime-t-elle. Je me souviendrai d’un homme proche des gens. Il travaillait beaucoup. Mais il prenait le temps de parler avec ses administrés et de boire des pots avec nous pendant la feria ». Un homme « proche des gens ». C’est également le souvenir qu’Antoine, 73 ans, gardera de Christian Bourquin: « Il a rendu service à tout le monde à Millas. Quand il disait quelque chose, il le faisait. C’était un type droit et sincère ». Les jeunes du village étaient aussi au rendez-vous. « On est venu car il a toujours été gentil avec nous, expliquent Savanah et Amandine, toutes deux âgées de 16 ans. On avait visité le conseil général avec lui quand on était à l’école. C’était un homme en or. Il restera dans nos mémoires ». Un hommage populaire qui ne se limite pas à la chapelle ardente. A quelques pas de là, la salle du conseil municipal croule sous les couronnes de fleurs. « Depuis hier, on en reçoit de tout le Languedoc-Roussillon et même de Provence, confient Sylvette et Alphonse, qui s’occupent de réceptionner
les gerbes. Et encore : là, il n’y a même pas le quart de tout ce qu’on attend. On est également assailli de coups de fil. Tout le monde veut participer aux obsèques ».

La cérémonie se déroulera ce matin sur la promenade des platanes. Au coeur de Millas. Arnaud Andreu

28.08.2014

Les Journaux du Midi vendu

Selon nos informations, la cession des Journaux du Midi (Midi libre, L'indépendant, Centre presse Aveyron) aux groupes Centre France (La Montagne) et La Dépêche (La Dépêche du Midi) serait entrée en phase active.Le Groupe (...)

Les Journaux du Midi vendu

Le sens de la marche

Christian Bourquin n’était pas qu’une “machine” à gagner les élections. Il était aussi un homme dont la vie privée était réduite à sa portion congrue. Une bête politique, mais pas à sang froid.

millas,christian bourquinChristian Bourquin au début du mois à la feria de Millas.

Dans “homme politique”, il y a homme. On a tendance à l’oublier tant l’homo politicus et son époque aiment à faire de l’ombre à l’homme tout court. Et c’est souvent injuste. Christian Bourquin n’a jamais exposé sa vie privée, ni sa famille. Pas le genre à poser en famille avec ses enfants, même autour d’un isoloir. Il a, une fois, ouvert son jardin millassois à la presse. C’était au printemps 1998, juste après son élection à la présidence du conseil général des P.-O.. On le voit prenant la pose avec son épouse d’alors, Damienne Beffara et leurs deux enfants Jordi et Sophie, et on ne sent personne à l’aise. Ce jour-là, Bourquin s’est prêté à l’exercice alors en vogue du “Je suis M. tout le monde”. Loisirs préférés ? « La marche en montagne ». Coin préféré ? « La Cerdagne, le Capcir, le Canigou  ». Anima l? « L’écureuil ». Il n’aura varié que sur l’animal, tombé raide amoureux des ânes depuis que sa dernière compagne, Ségolène Neuville, lui avait offert Olympe, une ânesse « très intelligente, qui comprend tout », racontait-il. C’est tout ce que Bourquin révélera jamais de Christian.

Calme

Des éléments biographiques faméliques au regard de l’épaisseur gagnée par le personnage au fil de ses conquêtes électorales. Christian Bourquin était « un mec bien, un vrai gentil et un gros affectif ». L’affirmation paraît suspecte à cette heure-ci, sauf qu’elle émane d’un de ses très bons ennemis. Bruno Delmas a accompagné son ascension de la prise du conseil général, en 1998, à 2001. Directeur de cabinet, il fut alors l’ombre du “Président” avant d’être banni, à jamais. « Il aimait qu’on l’appelle “Président”, ça le rassurait parce que c’était aussi un signe de soumission, dit-il. Il avait un petit complexe d’infériorité, il craignait toujours qu’on lui reproche d’avoir succédé à son beau-père par exemple, alors qu’ensuite il s’est tout gagné. C’était un autodidacte qui avait peur de perdre le pouvoir ». Notamment en 1998 justement lorsqu’il dispose d’une majorité d’un siège au conseil général. Craignant de voir ses budgets rejetés, il applique alors à la lettre un enseignement de Georges Frêche : « Acheter les gens ». « Parfois, de simples places à l’USAP suffisaient. Il les méprisait pour ça mais ne le montrait jamais parce qu’il ne voulait pas blesser les gens. Ça, il se l’interdisait ». Sans doute l’un des secrets du calme dont Bourquin ne se départissait jamais. « Non, je ne l’ai jamais vu en colère, mais les mecs se couchaient devant lui, pourquoi se serait-il mis en colère ? ».

Apaisé

Une dizaine d’années plus tard, solidement arrimé dans la vie politique, ses plus proches collaborateurs ne pourront que constater la “zénitude” du Catalan. Une sérénité « qu’il diffusait autour de lui ». On l’a toutefois vu souffler dans les bronches d’une ou deux « personnalités, pas forcément des élus d’ailleurs ». « Ce qui le mettait en colère c’était des paroles données et pas respectées. Là, il pouvait se montrer
dur ». Pour le reste, « il n’avait pas changé entre Perpignan et Montpellier ».

Au bord du Lez, on dit qu’il était « humain, simple, bosseur, toujours en mouvement et attentif aux autres ». Il souhaitait ainsi les anniversaires et fêtes de certaines de ses connaissances. Mais on lui connaissait peu de passe-temps, lui qui entretenait un rapport au temps presque obsessionnel tant il rythmait son agenda politique et donc 95% de sa vie. « C’est vrai qu’il avait peu de loisirs à part la marche et les confitures de figues ou d’abricots qu’il faisait chaque année ». Une vie qui peut paraître presque austère quand on n’est pas une bête politique. « A Montpellier, son côté bagarreur s’était apaisé ». Sauf pour combattre son cancer. Mais de sa santé, et de la mort,  il ne parlait jamais. Il ne se plaignait pas et seul le rituel du quart d’Evian qu’on lui apportait à heure fixe trahissait le souci de suivre scrupuleusement les recommandations médicales.

Marcheur infatigable, extrêmement fier d’avoir gravi parmi les plus hauts sommets du monde, même après l’ablation de son rein cancéreux, Christian Bourquin continuait à regarder devant. Dans le sens de la marche. Frédérique Michalak

Bourquin: dernier hommage à Millas

millas, christian bourquinLe cercueil de Christian Bourquin, décédé tôt mardi matin, est arrivé hier après-midi à la mairie de Millas. La chapelle ardente, installée dans la salle habituellement consacrée aux mariages, a ouvert au public vers 16h. Emboîtant le pas à la famille, les élus du conseil général, que Christian Bourquin a présidé de 1998 à 2010, ont été parmi les premiers à se recueillir devant la dépouille du sénateur et président de Région. Anciens collaborateurs, proches et anonymes étaient également venus rendre hommage à l’homme politique. Tout comme sa compagne, la secrétaire d’Etat Ségolène Neuville. Ou encore les conseillers régionaux Robert Navarro et Didier Codorniou.

La chapelle ardente restera ouverte au public aujourd’hui, jeudi, de 8h à 12h et de 14h à 20h. Les obsèques se dérouleront ce vendredi, à 10h30, à Millas, sur la promenade des Platanes, devant la mairie. Des représentants du Sénat, du conseil régional et du conseil général devraient prendre la parole lors de la cérémonie.

Christian Bourquin sera ensuite inhumé dans la plus stricte intimité familiale. Arnaud Andreu

27.08.2014

« Ici à Millas, c’était Christian »

Hier après-midi, Millas, le fief de Christian Bourquin avait du mal à réaliser que celui qui fut élu maire en 1995, n’était plus. L’enfant du pays laissera une empreinte indélébile dans le village.

millas, christian bourquinChristian Bourquin avait tenu à être présent lors de la dernière édition de la feria de Millas,

« Douleur, chagrin, étourdissement… ». Hier après-midi, les mots manquaient aux proches de Christian Bourquin en ce jour de deuil. Écrasé par la chaleur et la terrible nouvelle, Millas avait du mal à réaliser.

millas,christian bourquin« On est KO »
, résume ainsi Joseph Cargol, cheville ouvrière de l’association Espoir qui vient notamment en aide à la communauté gitane de la commune. « Que voulez-vous que je vous dise ? », reprend ce dernier. « Il était à l’écoute. Ce qu’il disait, il le faisait. Nous, si on est là, c’est grâce à lui ». Effectivement, les photos punaisées au mur du local de l’association témoignent de la proximité de ses membres avec celui qui fut élu maire de la commune en 1995.

millas,christian bourquinAu deuxième étage, Michel Hoët, président du club de foot est, lui aussi, sous le choc.

« Du respect et de l’émotion à la feria »


« Je suis communiste, il était socialiste. Il me disait toujours qu’à nous deux, nous formions l’union de la gauche ». Élu depuis 26 ans, il souligne aussi la politique sociale menée par Christian Bourquin à Millas. « Il a toujours aidé notre club qui accueille de nombreux jeunes défavorisés ».

millas,christian bourquinC’est également une photo que regardait, hier après-midi, avec émotion, son ami de toujours, Bernard Lopez, le pâtissier du village. « C’était à la feria, il y a trois ou quatre ans, il était en pleine forme ». La feria justement. Christian Bourquin avait relancé les festivités avec l’aide de Bernard Lopez. Cette année, bien que très affaibli, il avait tenu à participer à tous les moments forts. « Pour la feria du livre, il avait même prononcé un petit discours. Il avait assisté à la messe en catalan et servi l’apéro à la fontaine comme il le faisait tous les ans », raconte Bernard Lopez qui garde également un souvenir poignant de la corrida. « Un toro lui a été brendé. Il s’est levé et le public l’a longuement applaudi. Avec beaucoup de respect et d’émotion ».

Malgré la douleur, l’enfant du pays avait tenu à être parmi les siens à l’occasion de ce rendez-vous devenu si important pour le village. « On voyait bien qu’il souffrait mais jamais il ne s’est plaint », reprend le pâtissier.

« Il est resté debout juqu’au bout »

C’est d’ailleurs l’impression générale qu’il a laissée à Millas et dans ses alentours. Robert Olive, maire de Saint-Féliu-d’Amont et copain d’enfance de Christian Bourquin, évoque, lui, une cargolade qui les avait réunis le 8 août dernier à Forca Réal. « Quand je lui ai demandé des nouvelles de sa santé, il m’a répondu : “ Je vais bien ” et il est vite passé à autre chose. Il est resté debout jusqu’au bout et ne s’est jamais lamenté sur ses ennuis de santé ».

millas,christian bourquinPrésentes hier en mairie, Ginette Moral, première adjointe et Jacqueline Albafouille, adjointe, confirment. « Il passait très vite à autre chose si on lui demandait comment il se sentait. Il regardait en permanence devant et construisait l’avenir ». Son arrivée à la mairie, en 1995, les deux élues s’en souviennent bien. « Il incarnait la jeunesse et faisait preuve d’un énorme dynamisme ». « Je m’étais engagée à ses côtés, parce que c’était lui », reprend Ginette Moral marquée par « sa volonté de réussir dans tout ce qu’il entreprenait, sa rigueur, son honnêteté, sa sensibilité et l’amour pour sa commune, son département et sa région ». Les élues décrivent également un « chef de file », « bourreau de travail » qui « savait entraîner les autres dans son sillage ». « Ici, à Millas, c’était Christian, il refusait qu’on l’appelle autrement ».
Et hier après-midi, au fur à mesure que les heures avançaient, Millas se disait qu’elle allait devoir vivre sans «Christian»… Estelle Devic

REACTIONS

René Patau, président de la Fédération départementale de pêche des P.-O. Les pêcheurs catalans lui doivent beaucoup. Il nous a toujours soutenus, que ce soit sur le plan moral ou sur le plan financier. Il a toujours été proche du monde rural que ce soit en tant que député, président du conseil général ou à la tête de la région. Sur le plan départemental, nous lui devons la maison de la pêche à Millas qui nous a changé la vie et nous travaillions ensemble sur un projet de maison régionale de la chasse et de la pêche. Quand j’ai rencontré des difficultés, c’est un des seuls qui m’a soutenu et je lui en suis extrêmement reconnaissant. C’est triste de le voir partir.

Robert Olive, maire de Saint-Feliu-d’Amont et député. C’était un ami d’enfance, nous avons grandi ensemble à Saint-Feliu-d’Amont. Lui, c’était un peu l’intellectuel et il ne faisait pas vraiment l’imbécile avec nous, même s’il lui arrivait de venir au bal en mobylette avec nous... Il s’est d’abord construit professionnellement et est parti à Montpellier. Quand il est revenu, on s’est retrouvé sur le chemin de la politique où il m’a toujours accompagné. C’était quelqu’un de fidèle en amitié, de loyal et de bosseur. Notre territoire perd quelqu’un de convaincu, un vrai homme politique et moi, je perds un ami, un vrai.

26.08.2014

Le blog franchit les 2000 notes

millas,blog,audienceÇa chauffait, en début de matinée mais cette fois ça y est. Le blog de Millas a franchi le cap des 2 000 notes et des 15000 visiteurs. Une belle performance pour le blog de millas cumulant des audiences oscillant entre 13000 et 15000 visites par mois.

Merci à tous nos suiveurs et merci également à tous nos lecteurs fidèles.