29.08.2014

Le salut des anonymes et de la France à Christian Bourquin

Des milliers de personnes sont attendues ce matin à Millas où se tiennent les obsèques du président de la région. Tout un peuple, et même des ministres, pour un dernier adieu.

millas, christian bourquinA Millas, les citoyens ont défilé dans la chapelle ardente pour dire leur tristesse.

Aux côtés du premier ministre Manuel Valls, ils devraient être plusieurs milliers d’anonymes ce matin sur la promenade des platanes de Millas pour assister aux obsèques civiles de Christian Bourquin.

Depuis deux jours, nombreux sont les Perpignanais qui sont venus rendre un dernier hommage « à leur président ». Que ce soit à la Maison de la Région ou dans la salle Guy Mallet du Conseil général, ils témoignent en quelques lignes leurs émotions au travers des registres de condoléances installés dans les deux lieux.

A la lecture des mots chaleureux couchés sur le papier et où le tutoiement est le plus souvent de vigueur, s’étale la relation particulière, remplie de camaraderie et de proximité, qu’entretenait Christian Bourquin avec les Catalans. « Des hommes de ta stature et de ton courage sont de plus en plus rares », « Merci pour ce que tu as fait », « Adieu Camarade » peut-on lire dans ces derniers témoignages en signe d’adieu.

« La Catalogne a perdu un fils »

Présente hier au conseil général, Jeanine est venue tout naturellement à Perpignan pour laisser cette trace écrite. Les yeux rougis par l’émotion, elle ne cache pas sa tristesse. « Je ne vous dirai pas ce que j’ai écrit mais c’était un grand Catalan. Je l’ai connu petit garçon et j’ai eu la chance de le revoir quelques années plus tard. C’était un homme proche des gens, toujours à l’écoute et qui a surtout fait beaucoup pour son département. Malgré la maladie, il était capable de grandes choses et aujourd’hui, la Catalogne a perdu un fils ».

Camarade de route, Georges nous parle « d’un grand homme. Avec lui, les socialistes ont trouvé un leader naturel qui ne doit sa carrière politique qu’à son esprit battant. Quatre jours avant que la maladie le terrasse, il continuait à se battre sur les dossiers qui lui tenaient à cœur. C’est dire la force de cet homme. On le regrettera longtemps ».

Marc, salarié du conseil général se souvient lui aussi d’un homme à l’écoute « des employés des collectivités qu’il dirigeait que ce soit à la mairie de Millas, au conseil général ou à la Région. Il y avait
certes l’animal politique qui a fait tant pour notre département, mais il y avait aussi l’homme profondément respectueux de ses agents. Qu’il repose en paix car nous continuerons, là où nous sommes, à faire chanter l’accent catalan de la République française, que ce soit en plaine ou au sommet du Canigou ». Julien Marion

millas, christian bourquinA Perpignan ou à Millas, les marques d’affection se sont multipliées hier.
millas, christian bourquin Des gerbes de fleurs envoyées de tout le Languedoc-Roussillon et même de Provence. Photos Nicolas Parent.

Chapelle ardente de Millas: l’hommage du peuple

Recueillement de rigueur hier à la mairie de Millas.

millas, christian bourquinAprès les élus, qui sont venus se recueillir mercredi, c’était hier au tour des simples citoyens de venir rendre hommage à Christian Bourquin. Les visiteurs se sont succédé tout au long de la journée, à la mairie de Millas, dans la chapelle ardente où était installé le cercueil de l’homme politique. Joachim, 53 ans, du Soler, avait notamment tenu à effectuer le déplacement. « J’ai connu Christian Bourquin lors de réunions en lien avec mon activité associative, explique ce membre du bureau de la Société de tir catalane. Il a fait beaucoup pour le sport, les associations et la population en général. C’était quelqu’un de très chaleureux ».

Montagnes de fleurs

Les Millassois étaient aussi légion  à venir signer les cahiers de condoléances. Emilie, 33 ans, faisait partie de ceux-là. « Il a été un très bon maire, estime-t-elle. Je me souviendrai d’un homme proche des gens. Il travaillait beaucoup. Mais il prenait le temps de parler avec ses administrés et de boire des pots avec nous pendant la feria ». Un homme « proche des gens ». C’est également le souvenir qu’Antoine, 73 ans, gardera de Christian Bourquin: « Il a rendu service à tout le monde à Millas. Quand il disait quelque chose, il le faisait. C’était un type droit et sincère ». Les jeunes du village étaient aussi au rendez-vous. « On est venu car il a toujours été gentil avec nous, expliquent Savanah et Amandine, toutes deux âgées de 16 ans. On avait visité le conseil général avec lui quand on était à l’école. C’était un homme en or. Il restera dans nos mémoires ». Un hommage populaire qui ne se limite pas à la chapelle ardente. A quelques pas de là, la salle du conseil municipal croule sous les couronnes de fleurs. « Depuis hier, on en reçoit de tout le Languedoc-Roussillon et même de Provence, confient Sylvette et Alphonse, qui s’occupent de réceptionner
les gerbes. Et encore : là, il n’y a même pas le quart de tout ce qu’on attend. On est également assailli de coups de fil. Tout le monde veut participer aux obsèques ».

La cérémonie se déroulera ce matin sur la promenade des platanes. Au coeur de Millas. Arnaud Andreu

28.08.2014

Le sens de la marche

Christian Bourquin n’était pas qu’une “machine” à gagner les élections. Il était aussi un homme dont la vie privée était réduite à sa portion congrue. Une bête politique, mais pas à sang froid.

millas,christian bourquinChristian Bourquin au début du mois à la feria de Millas.

Dans “homme politique”, il y a homme. On a tendance à l’oublier tant l’homo politicus et son époque aiment à faire de l’ombre à l’homme tout court. Et c’est souvent injuste. Christian Bourquin n’a jamais exposé sa vie privée, ni sa famille. Pas le genre à poser en famille avec ses enfants, même autour d’un isoloir. Il a, une fois, ouvert son jardin millassois à la presse. C’était au printemps 1998, juste après son élection à la présidence du conseil général des P.-O.. On le voit prenant la pose avec son épouse d’alors, Damienne Beffara et leurs deux enfants Jordi et Sophie, et on ne sent personne à l’aise. Ce jour-là, Bourquin s’est prêté à l’exercice alors en vogue du “Je suis M. tout le monde”. Loisirs préférés ? « La marche en montagne ». Coin préféré ? « La Cerdagne, le Capcir, le Canigou  ». Anima l? « L’écureuil ». Il n’aura varié que sur l’animal, tombé raide amoureux des ânes depuis que sa dernière compagne, Ségolène Neuville, lui avait offert Olympe, une ânesse « très intelligente, qui comprend tout », racontait-il. C’est tout ce que Bourquin révélera jamais de Christian.

Calme

Des éléments biographiques faméliques au regard de l’épaisseur gagnée par le personnage au fil de ses conquêtes électorales. Christian Bourquin était « un mec bien, un vrai gentil et un gros affectif ». L’affirmation paraît suspecte à cette heure-ci, sauf qu’elle émane d’un de ses très bons ennemis. Bruno Delmas a accompagné son ascension de la prise du conseil général, en 1998, à 2001. Directeur de cabinet, il fut alors l’ombre du “Président” avant d’être banni, à jamais. « Il aimait qu’on l’appelle “Président”, ça le rassurait parce que c’était aussi un signe de soumission, dit-il. Il avait un petit complexe d’infériorité, il craignait toujours qu’on lui reproche d’avoir succédé à son beau-père par exemple, alors qu’ensuite il s’est tout gagné. C’était un autodidacte qui avait peur de perdre le pouvoir ». Notamment en 1998 justement lorsqu’il dispose d’une majorité d’un siège au conseil général. Craignant de voir ses budgets rejetés, il applique alors à la lettre un enseignement de Georges Frêche : « Acheter les gens ». « Parfois, de simples places à l’USAP suffisaient. Il les méprisait pour ça mais ne le montrait jamais parce qu’il ne voulait pas blesser les gens. Ça, il se l’interdisait ». Sans doute l’un des secrets du calme dont Bourquin ne se départissait jamais. « Non, je ne l’ai jamais vu en colère, mais les mecs se couchaient devant lui, pourquoi se serait-il mis en colère ? ».

Apaisé

Une dizaine d’années plus tard, solidement arrimé dans la vie politique, ses plus proches collaborateurs ne pourront que constater la “zénitude” du Catalan. Une sérénité « qu’il diffusait autour de lui ». On l’a toutefois vu souffler dans les bronches d’une ou deux « personnalités, pas forcément des élus d’ailleurs ». « Ce qui le mettait en colère c’était des paroles données et pas respectées. Là, il pouvait se montrer
dur ». Pour le reste, « il n’avait pas changé entre Perpignan et Montpellier ».

Au bord du Lez, on dit qu’il était « humain, simple, bosseur, toujours en mouvement et attentif aux autres ». Il souhaitait ainsi les anniversaires et fêtes de certaines de ses connaissances. Mais on lui connaissait peu de passe-temps, lui qui entretenait un rapport au temps presque obsessionnel tant il rythmait son agenda politique et donc 95% de sa vie. « C’est vrai qu’il avait peu de loisirs à part la marche et les confitures de figues ou d’abricots qu’il faisait chaque année ». Une vie qui peut paraître presque austère quand on n’est pas une bête politique. « A Montpellier, son côté bagarreur s’était apaisé ». Sauf pour combattre son cancer. Mais de sa santé, et de la mort,  il ne parlait jamais. Il ne se plaignait pas et seul le rituel du quart d’Evian qu’on lui apportait à heure fixe trahissait le souci de suivre scrupuleusement les recommandations médicales.

Marcheur infatigable, extrêmement fier d’avoir gravi parmi les plus hauts sommets du monde, même après l’ablation de son rein cancéreux, Christian Bourquin continuait à regarder devant. Dans le sens de la marche. Frédérique Michalak

27.08.2014

« Ici à Millas, c’était Christian »

Hier après-midi, Millas, le fief de Christian Bourquin avait du mal à réaliser que celui qui fut élu maire en 1995, n’était plus. L’enfant du pays laissera une empreinte indélébile dans le village.

millas, christian bourquinChristian Bourquin avait tenu à être présent lors de la dernière édition de la feria de Millas,

« Douleur, chagrin, étourdissement… ». Hier après-midi, les mots manquaient aux proches de Christian Bourquin en ce jour de deuil. Écrasé par la chaleur et la terrible nouvelle, Millas avait du mal à réaliser.

millas,christian bourquin« On est KO »
, résume ainsi Joseph Cargol, cheville ouvrière de l’association Espoir qui vient notamment en aide à la communauté gitane de la commune. « Que voulez-vous que je vous dise ? », reprend ce dernier. « Il était à l’écoute. Ce qu’il disait, il le faisait. Nous, si on est là, c’est grâce à lui ». Effectivement, les photos punaisées au mur du local de l’association témoignent de la proximité de ses membres avec celui qui fut élu maire de la commune en 1995.

millas,christian bourquinAu deuxième étage, Michel Hoët, président du club de foot est, lui aussi, sous le choc.

« Du respect et de l’émotion à la feria »


« Je suis communiste, il était socialiste. Il me disait toujours qu’à nous deux, nous formions l’union de la gauche ». Élu depuis 26 ans, il souligne aussi la politique sociale menée par Christian Bourquin à Millas. « Il a toujours aidé notre club qui accueille de nombreux jeunes défavorisés ».

millas,christian bourquinC’est également une photo que regardait, hier après-midi, avec émotion, son ami de toujours, Bernard Lopez, le pâtissier du village. « C’était à la feria, il y a trois ou quatre ans, il était en pleine forme ». La feria justement. Christian Bourquin avait relancé les festivités avec l’aide de Bernard Lopez. Cette année, bien que très affaibli, il avait tenu à participer à tous les moments forts. « Pour la feria du livre, il avait même prononcé un petit discours. Il avait assisté à la messe en catalan et servi l’apéro à la fontaine comme il le faisait tous les ans », raconte Bernard Lopez qui garde également un souvenir poignant de la corrida. « Un toro lui a été brendé. Il s’est levé et le public l’a longuement applaudi. Avec beaucoup de respect et d’émotion ».

Malgré la douleur, l’enfant du pays avait tenu à être parmi les siens à l’occasion de ce rendez-vous devenu si important pour le village. « On voyait bien qu’il souffrait mais jamais il ne s’est plaint », reprend le pâtissier.

« Il est resté debout juqu’au bout »

C’est d’ailleurs l’impression générale qu’il a laissée à Millas et dans ses alentours. Robert Olive, maire de Saint-Féliu-d’Amont et copain d’enfance de Christian Bourquin, évoque, lui, une cargolade qui les avait réunis le 8 août dernier à Forca Réal. « Quand je lui ai demandé des nouvelles de sa santé, il m’a répondu : “ Je vais bien ” et il est vite passé à autre chose. Il est resté debout jusqu’au bout et ne s’est jamais lamenté sur ses ennuis de santé ».

millas,christian bourquinPrésentes hier en mairie, Ginette Moral, première adjointe et Jacqueline Albafouille, adjointe, confirment. « Il passait très vite à autre chose si on lui demandait comment il se sentait. Il regardait en permanence devant et construisait l’avenir ». Son arrivée à la mairie, en 1995, les deux élues s’en souviennent bien. « Il incarnait la jeunesse et faisait preuve d’un énorme dynamisme ». « Je m’étais engagée à ses côtés, parce que c’était lui », reprend Ginette Moral marquée par « sa volonté de réussir dans tout ce qu’il entreprenait, sa rigueur, son honnêteté, sa sensibilité et l’amour pour sa commune, son département et sa région ». Les élues décrivent également un « chef de file », « bourreau de travail » qui « savait entraîner les autres dans son sillage ». « Ici, à Millas, c’était Christian, il refusait qu’on l’appelle autrement ».
Et hier après-midi, au fur à mesure que les heures avançaient, Millas se disait qu’elle allait devoir vivre sans «Christian»… Estelle Devic

16.08.2014

Viallat sublime Serrabone

millas, IN SITU Patrimoine et art contemporain,Bertrand Gadenne, abbaye Saint-Michel de Cuxa,La bougie, Arnaud Vasseux,prieuré de Marcevol, Ondes de surface,  Claude Viallat,SerraboneLes œuvres de Claude Viallat ornent les vitraux de Serrabone dans le cadre de l’événement régional «IN SITU».

millas, IN SITU Patrimoine et art contemporain,Bertrand Gadenne, abbaye Saint-Michel de Cuxa,La bougie, Arnaud Vasseux,prieuré de Marcevol, Ondes de surface,  Claude Viallat,SerraboneLe peintre a magnifié les vitraux d’un des fleurons de l’art roman.

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L’artiste nîmois Claude Viallat de retour au prieuré qu’il a découvert à l’âge de 15 ans grâce à un ami.

La 3e édition de IN SITU Patrimoine et art contemporain se déroule en Languedoc-Roussillon jusqu’au 21 septembre. L’événement, qui établit un dialogue entre l’architecture patrimoniale et l’art contemporain, permet de valoriser les monuments de manière originale et inédite. Dans le département, il fournira au public l’occasion de découvrir le travail réalisé par Bertrand Gadenne en l’abbaye Saint-Michel de Cuxa (La bougie, 2006), Arnaud Vasseux au prieuré de Marcevol (Ondes de surface, 2 006) et, bien sûr, Claude Viallat à Serrabone.

En acceptant de réaliser des peintures destinées à devenir des vitraux provisoires à Serrabone, l’artiste nîmois réaffirme son intérêt pour une expérience qu’il connaît bien pour l’avoir déjà réalisée dans l’église Notre-Dame-des-Sablons. Ou encore dans la cathédrale de Nevers.

Rayons de couleurs

La proposition qui lui a été faite consiste à poser des vitres en plexiglas, sur lesquelles les peintures de l’artiste ont été digigraphiées. Réalisées par l’atelier d’Eric Linard, ces digigraphies proposent des simulations parfaites de vitraux qui couvriraient les quatre petites fenêtres du chœur et des absides. La radicalité de sa démarche révèle sa capacité à renouveler les compositions et la répartition de la couleur.

En entrant dans l’édifice, c’est le choc. Surtout lorsque le soleil vient jeter ses rayons de couleurs sur les murs. A travers les oeuvres inattendues de Viallat. A travers les formes, reconnaissables entre mille, de l’artiste. L’effet est réussi. Une fois éclairés par le soleil, ces drôles de motifs éclaboussent un arc-en-ciel vibrant sur les piliers de l’église, rayons qui évoquent d’emblée la présence de l'« invisible » par un jeu d’apparitions furtives.
Ces ouvrages d’art abstrait, n’avaient toujours pas reçu leurs lettres de noblesse. C’est aujourd’hui chose faite. C’est grâce à un ami que Viallat a découvert Serrabone lorsqu’il avait quinze ans. « Toute la difficulté consistait à révéler cette superbe architecture romane dans son milieu naturel et à transcender la lumière de ce lieu, commente le peintre. Ces oeuvres éphémères, créés par les ateliers Eric Linard (Drôme) apportent plus de corps et de force ». En ce début d’été, Claude Viallat est en pleine lumière au prieuré.

A voir tous les jours de 10h à 18h jusqu’au 21 septembre. Une médiation culturelle a lieu du mercredi au dimanche de 10h à 12 h et de 13 h à 17h. Renseignements : 04 68 84 09 30 ou www.cg66.fr

millas, IN SITU Patrimoine et art contemporain,Bertrand Gadenne, abbaye Saint-Michel de Cuxa,La bougie, Arnaud Vasseux,prieuré de Marcevol, Ondes de surface,  Claude Viallat,SerraboneLes vieilles pierres de Serrabone abritent les œuvres de Viallat jusqu’au 21 septembre.

14.08.2014

Bilan d’une feria exceptionnelle

Avec une fréquentation en hausse, l'édition 2014 de la feria a été une véritable réussite.

millas, feria, abrivado, casteller, correfoc, sardanes, concert, bandas, font del rey, noïs de força réalmillas, feria, abrivado, casteller, correfoc, sardanes, concert, bandas, font del rey, noïs de força réal► 
Que de monde autour des bodegas.

Bernard Lopez et les membres du comité des fêtes ont de quoi se réjouir pour l’édition 2014 de la feria de Millas. Les festivités prévues et annoncées ont pu se dérouler dans une belle ambiance, sous un ciel parfois menaçant mais qui n’a jamais vraiment perturbé le programme. Plus de 50 heures de spectacles avec abrivado, casteller, correfoc, sardanes, concert, bandas et apéritif anisé à la font del rey ou encore la messe en catalan.

Fête foraine

La course La Panoramique et le concours de pétanque ont été aussi l’occasion pour les gens de la commune de se rencontrer à travers leur passion. La soirée gourmande des Noïs de Força Réal a rassemblé quelque 300 personnes à l’école maternelle, de même que pour la gardiane de toros. De
l’ambiance aussi autour des bodegas tenues par les plus fidèles bénévoles du comité d’animation sans qui la fête ne serait pas possible. Sans oublier les diverses attractions foraines qui ont réjoui les enfants. Un temps presque idéal, beaucoup de monde, de l’ambiance pour une belle fête 2014. La fréquentation des arènes a été importante cette année, les trois quarts de billets ayant été vendus, ce qui prouve la qualité des spectacles proposés.

13.08.2014

Le Prix de la Feria de Millas au torero Nimeño

Une 16e édition riche en émotions pour cet événement culturel devenu incontournable de l’été catalan.

millas, feria du livre, alain montcouquiol, yves charnet, christian bourquin, ségolène neuville damienne beffaraLe prix Feria a été remis à Alain Montcouquiol, par Yves Charnet, président du jury et Christian Bourquin, à Millas.

Un vrai public, attentif, qui reste à l’écoute pendant trois heures, dans la salle de la mairie. Une ambiance de campagne, simple, chaleureuse, sans chichis. Les élus sont là. Madame le maire de Millas, Daminenne Beffara, le sénateur et président de Région, Christian Bourquin, la secrétaire d’État Ségolène Neuville. Ils soutiennent, interviennent. Dans un lieu, une région, une terre, ils savent, ils transmettent. Un patrimoine, des traditions, des valeurs. Ce sont des mots pour demain. Des mots pour tous. Des mots «populaires» pour reprendre le mot de Christian Bourquin dans son discours lors de l’émouvante remise du prix feria 2014 à Alain Montcouquiol.

Mots et toros

Dans les années soixante, Alain Montcouquiol devient, sous le nom de Nimeño, un des rares toreros français de l’après-guerre. En 1974, il met fin à sa carrière pour s’occuper de celle de son jeune frère, Christian, qui, sous le nom de Nimeño II, deviendra le premier grand torero français de l’histoire. Les années d’apprentissage et de misère en Espagne, les triomphes dans toutes les arènes de France, d’Espagne, du Mexique, et de Colombie, l’accident et la fin tragique de son frère, c’est cette aventure extraordinaire qu’Alain Montcouquiol a évoquée lors d’un entretien bouleversant qu’il a eu lors de la remise de son prix avec l’écrivain Yves Charnet, président de la Féria du livre.

Les moments d’échange avec Alain Montcouquiol, où il fut parlé si justement, si simplement, des grands mystères de la vie : le deuil, la mémoire et l’amour, furent des moments rares, qui durent longtemps après que les voix se sont tues.

On finira par la novillada du dimanche soir. Toutes et tous en rond dans le cercle des arènes, dans la douce lumière du Roussillon et l’on se dira, plein de nostalgie, déjà : à l’an prochain, pour la prochaine Féria, à Millas, la fête des mots et des taureaux.