28.08.2014

Le sens de la marche

Christian Bourquin n’était pas qu’une “machine” à gagner les élections. Il était aussi un homme dont la vie privée était réduite à sa portion congrue. Une bête politique, mais pas à sang froid.

millas,christian bourquinChristian Bourquin au début du mois à la feria de Millas.

Dans “homme politique”, il y a homme. On a tendance à l’oublier tant l’homo politicus et son époque aiment à faire de l’ombre à l’homme tout court. Et c’est souvent injuste. Christian Bourquin n’a jamais exposé sa vie privée, ni sa famille. Pas le genre à poser en famille avec ses enfants, même autour d’un isoloir. Il a, une fois, ouvert son jardin millassois à la presse. C’était au printemps 1998, juste après son élection à la présidence du conseil général des P.-O.. On le voit prenant la pose avec son épouse d’alors, Damienne Beffara et leurs deux enfants Jordi et Sophie, et on ne sent personne à l’aise. Ce jour-là, Bourquin s’est prêté à l’exercice alors en vogue du “Je suis M. tout le monde”. Loisirs préférés ? « La marche en montagne ». Coin préféré ? « La Cerdagne, le Capcir, le Canigou  ». Anima l? « L’écureuil ». Il n’aura varié que sur l’animal, tombé raide amoureux des ânes depuis que sa dernière compagne, Ségolène Neuville, lui avait offert Olympe, une ânesse « très intelligente, qui comprend tout », racontait-il. C’est tout ce que Bourquin révélera jamais de Christian.

Calme

Des éléments biographiques faméliques au regard de l’épaisseur gagnée par le personnage au fil de ses conquêtes électorales. Christian Bourquin était « un mec bien, un vrai gentil et un gros affectif ». L’affirmation paraît suspecte à cette heure-ci, sauf qu’elle émane d’un de ses très bons ennemis. Bruno Delmas a accompagné son ascension de la prise du conseil général, en 1998, à 2001. Directeur de cabinet, il fut alors l’ombre du “Président” avant d’être banni, à jamais. « Il aimait qu’on l’appelle “Président”, ça le rassurait parce que c’était aussi un signe de soumission, dit-il. Il avait un petit complexe d’infériorité, il craignait toujours qu’on lui reproche d’avoir succédé à son beau-père par exemple, alors qu’ensuite il s’est tout gagné. C’était un autodidacte qui avait peur de perdre le pouvoir ». Notamment en 1998 justement lorsqu’il dispose d’une majorité d’un siège au conseil général. Craignant de voir ses budgets rejetés, il applique alors à la lettre un enseignement de Georges Frêche : « Acheter les gens ». « Parfois, de simples places à l’USAP suffisaient. Il les méprisait pour ça mais ne le montrait jamais parce qu’il ne voulait pas blesser les gens. Ça, il se l’interdisait ». Sans doute l’un des secrets du calme dont Bourquin ne se départissait jamais. « Non, je ne l’ai jamais vu en colère, mais les mecs se couchaient devant lui, pourquoi se serait-il mis en colère ? ».

Apaisé

Une dizaine d’années plus tard, solidement arrimé dans la vie politique, ses plus proches collaborateurs ne pourront que constater la “zénitude” du Catalan. Une sérénité « qu’il diffusait autour de lui ». On l’a toutefois vu souffler dans les bronches d’une ou deux « personnalités, pas forcément des élus d’ailleurs ». « Ce qui le mettait en colère c’était des paroles données et pas respectées. Là, il pouvait se montrer
dur ». Pour le reste, « il n’avait pas changé entre Perpignan et Montpellier ».

Au bord du Lez, on dit qu’il était « humain, simple, bosseur, toujours en mouvement et attentif aux autres ». Il souhaitait ainsi les anniversaires et fêtes de certaines de ses connaissances. Mais on lui connaissait peu de passe-temps, lui qui entretenait un rapport au temps presque obsessionnel tant il rythmait son agenda politique et donc 95% de sa vie. « C’est vrai qu’il avait peu de loisirs à part la marche et les confitures de figues ou d’abricots qu’il faisait chaque année ». Une vie qui peut paraître presque austère quand on n’est pas une bête politique. « A Montpellier, son côté bagarreur s’était apaisé ». Sauf pour combattre son cancer. Mais de sa santé, et de la mort,  il ne parlait jamais. Il ne se plaignait pas et seul le rituel du quart d’Evian qu’on lui apportait à heure fixe trahissait le souci de suivre scrupuleusement les recommandations médicales.

Marcheur infatigable, extrêmement fier d’avoir gravi parmi les plus hauts sommets du monde, même après l’ablation de son rein cancéreux, Christian Bourquin continuait à regarder devant. Dans le sens de la marche. Frédérique Michalak

27.08.2014

« Ici à Millas, c’était Christian »

Hier après-midi, Millas, le fief de Christian Bourquin avait du mal à réaliser que celui qui fut élu maire en 1995, n’était plus. L’enfant du pays laissera une empreinte indélébile dans le village.

millas, christian bourquinChristian Bourquin avait tenu à être présent lors de la dernière édition de la feria de Millas,

« Douleur, chagrin, étourdissement… ». Hier après-midi, les mots manquaient aux proches de Christian Bourquin en ce jour de deuil. Écrasé par la chaleur et la terrible nouvelle, Millas avait du mal à réaliser.

millas,christian bourquin« On est KO »
, résume ainsi Joseph Cargol, cheville ouvrière de l’association Espoir qui vient notamment en aide à la communauté gitane de la commune. « Que voulez-vous que je vous dise ? », reprend ce dernier. « Il était à l’écoute. Ce qu’il disait, il le faisait. Nous, si on est là, c’est grâce à lui ». Effectivement, les photos punaisées au mur du local de l’association témoignent de la proximité de ses membres avec celui qui fut élu maire de la commune en 1995.

millas,christian bourquinAu deuxième étage, Michel Hoët, président du club de foot est, lui aussi, sous le choc.

« Du respect et de l’émotion à la feria »


« Je suis communiste, il était socialiste. Il me disait toujours qu’à nous deux, nous formions l’union de la gauche ». Élu depuis 26 ans, il souligne aussi la politique sociale menée par Christian Bourquin à Millas. « Il a toujours aidé notre club qui accueille de nombreux jeunes défavorisés ».

millas,christian bourquinC’est également une photo que regardait, hier après-midi, avec émotion, son ami de toujours, Bernard Lopez, le pâtissier du village. « C’était à la feria, il y a trois ou quatre ans, il était en pleine forme ». La feria justement. Christian Bourquin avait relancé les festivités avec l’aide de Bernard Lopez. Cette année, bien que très affaibli, il avait tenu à participer à tous les moments forts. « Pour la feria du livre, il avait même prononcé un petit discours. Il avait assisté à la messe en catalan et servi l’apéro à la fontaine comme il le faisait tous les ans », raconte Bernard Lopez qui garde également un souvenir poignant de la corrida. « Un toro lui a été brendé. Il s’est levé et le public l’a longuement applaudi. Avec beaucoup de respect et d’émotion ».

Malgré la douleur, l’enfant du pays avait tenu à être parmi les siens à l’occasion de ce rendez-vous devenu si important pour le village. « On voyait bien qu’il souffrait mais jamais il ne s’est plaint », reprend le pâtissier.

« Il est resté debout juqu’au bout »

C’est d’ailleurs l’impression générale qu’il a laissée à Millas et dans ses alentours. Robert Olive, maire de Saint-Féliu-d’Amont et copain d’enfance de Christian Bourquin, évoque, lui, une cargolade qui les avait réunis le 8 août dernier à Forca Réal. « Quand je lui ai demandé des nouvelles de sa santé, il m’a répondu : “ Je vais bien ” et il est vite passé à autre chose. Il est resté debout jusqu’au bout et ne s’est jamais lamenté sur ses ennuis de santé ».

millas,christian bourquinPrésentes hier en mairie, Ginette Moral, première adjointe et Jacqueline Albafouille, adjointe, confirment. « Il passait très vite à autre chose si on lui demandait comment il se sentait. Il regardait en permanence devant et construisait l’avenir ». Son arrivée à la mairie, en 1995, les deux élues s’en souviennent bien. « Il incarnait la jeunesse et faisait preuve d’un énorme dynamisme ». « Je m’étais engagée à ses côtés, parce que c’était lui », reprend Ginette Moral marquée par « sa volonté de réussir dans tout ce qu’il entreprenait, sa rigueur, son honnêteté, sa sensibilité et l’amour pour sa commune, son département et sa région ». Les élues décrivent également un « chef de file », « bourreau de travail » qui « savait entraîner les autres dans son sillage ». « Ici, à Millas, c’était Christian, il refusait qu’on l’appelle autrement ».
Et hier après-midi, au fur à mesure que les heures avançaient, Millas se disait qu’elle allait devoir vivre sans «Christian»… Estelle Devic

01.08.2014

Le vibrant hommage du département à Jean Jaurès

A Perpignan, Millas ou Thuir, les célébrations se sont succédé hier dans les P.-O. pour commémorer l’assassinat du député socialiste.

millas, jean jaurès, centenaire, jacques cresta, hemeline malherbe, ségolène neuville pierre estève, conseil généralDépôt de gerbe hier au pied de la stèle de Jean Jaurès à Perpignan. Photo Philippe Rouah

La grande famille socialiste n’a pas manqué le rendez-vous de l’anniversaire de l’assassinat de Jean Jaurès. Une date toute particulière cette année, marquée hier par un rassemblement au pied de la stèle de la place de Catalogne à Perpignan. « Il y a un siècle, le 31 juillet 1914, le nationalisme et la guerre, par la main et le revolver de Raoul Villain, assassinaient le porte-parole et le porte-voix du monde ouvrier, celui auquel on se réfère encore, cent ans plus tard, lorsque l’on déclare avec fierté être socialiste ». Le député Jacques Cresta laisse parler son coeur en cet instant solennel de la commémoration. A ses côtés, Hermeline Malherbe, la présidente du conseil général, Ségolène Neuville, secrétaire d’Etat ou encore Pierre Estève, conseiller général et vice-président du département, assistent ensemble au dépôt de gerbe, prélude à la cérémonie prévue dans la foulée à Millas. Au même moment, à Thuir, le Front de gauche se réunissait également pour rappeler l’idéal de République sociale que défendait, au début du XXe siècle, cette figure du pacifisme qu’était Jean Jaurès.

Contemporain Jean Jaurès

Un idéal et aussi un discours qui résonnent d’autant plus aujourd’hui, comme l’a souligné encore Jacques Cresta. « Cent ans plus tard, il nous est douloureux de voir combien ce combat pour la paix est toujours d’actualité. Palestine, Birmanie, Somalie, Afghanistan, Syrie, Irak, Ukraine, Nigeria, Mali et dans bien d’autres lieux encore, le sang coule et continue de couler ». Contemporain à bien des égards, Jean Jaurès l’a été également dans son discours sur la jeunesse qu’il présenta à Albi en 1903. « Le courage, c’est d’accepter les conditions nouvelles que la vie fait à la science et à l’art, d’accueillir, d’explorer la complexité presque infinie des faits et des détails... C’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains, aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques ». M. M.

12.07.2014

«Millas cap 2020» est née

millas, millas cap 2020, jacques GarsauÉlus et bureau de l’association.

Lors des dernières élections municipales en mars dernier, la liste menée par Jacques Garsau avait récolté
46,59% des suffrages exprimés, manquant de 137 voix la victoire. Après 100 jours d’observation, les 6 élus d’oppositions rentrent dans l’action et ont décidé de créer une association citoyenne « Millas cap 2020». Au-delà des clivages politiques, les objectifs sont multiples : rassembler, informer, soutenir et agir. Une première rencontre conviviale a eu lieu aux lacs de Millas autour d’un repas « tiré du panier ». Une première assemblée générale est prévue début septembre.

Pour information les élus d’opposition sont à votre disposition à la permanence qui se tiendra à la mairie tous les jeudis de 15 h à 17 h 45 (juillet et août sur rendez-vous).

Contact et adhésions : 06 50 41 68 44. Site internet : www.millascap2020.fr

25.05.2014

P-O/Européennes 2014 : Les résultats

millas.pdf

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17.05.2014

L’opposition n’a pas voté le budget

Le groupe d’opposition au conseil municipal communique. Lors du conseil municipal portant sur le vote du budget 2014, nous avons voté contre. Que l’on ne se trompe pas sur notre démarche. À travers notre vote, il ne s’agit pas de sanctionner les dépenses faites par la commune de Millas pour l’aménagement des rues, des écoles ou l’amélioration du cadre de vie, et certainement pas de pénaliser les nombreuses associations sportives ou culturelles qui ont besoin de subventions pour exister et animer notre ville. S’il n’était que de ces questions-là, nous aurions sans doute voté pour…

Notre intervention ne se situe pas non plus sur le front ridicule de l’opposition systématique, mais entre autre au niveau des conséquences financières locales de décisions prises au niveau national. Mais aussi parce qu’il nous semble que les économies sur le budget de fonctionnement n’ont pas été complètement étudiées (...).

Même si cela semble avoir été fait, nous pensons qu’il valait mieux étudier plus précisément les économies possibles au lieu d’augmenter les impôts.

Contrairement à ceux que prétend Mme Le Maire, nous ne serons pas systématiquement contre les projets, nous avons pour objectif de défendre au mieux l’intérêt de nos citoyens dans une opposition constructive

23.03.2014

Résultat élection municipale

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Damienne BEFFARA,     " Ensemble pour Millas "                1074 voix       53,41 %

Jacques GARSAU          " Millas avec vous autrement "         937 voix       46,59 %
 
INSCRITS :  2883 - VOTANTS : 2139 - EXPRIMES : 2011
 
Ensemble pour Millas
 
Beffara Damienne, Vendrell Joseph, Moral Ginette, Hoët Michel, Albafouille Jacqueline, Santalo René, Sales Nadine, Bosc Gilbert, Noguera Laurence, Adroguer Henri, Mouret Nathalie, Carle Hervé, Baches Brigitte, Pelissier alain, Crémaschi renée, Bru Denis, Pelous Eve, Ruiz serge, Forcadell Isabelle, Bienaimé Régis, Béloufa Mériem.
 
Millas avec vous autrement
 
Garsau Jacques, Saintjevin Christiane, Petitjean Eric, Escalais-Vergnettes Nathalie, Douffiagues Bernard, Boher Monique.