24.12.2014

« Gino »: l’art et la matière

millas,exposition,gino,jean gomezUne exposition originale à découvrir cette semaine encore.

Jean Gomez, dit « Gino » travaille plusieurs matières massives et nobles. De lignes épurées, parfois insolites, dessinées à la main, il façonne des meubles uniques, structurés par de l’acier, habillés d’essences de bois choisies et polies.

De fait, « Gino » et son design ne manquent jamais d’aplomb. Sûr de sa voie, sûr de sa quête, sûr de son « savoir fer ». Meubles et luminaires, consoles et assises, espaces et matières… Chaque défi ou chaque source d’inspiration est pour lui l’opportunité d’apprivoiser le métal et de dompter les formes. Regardez, touchez, asseyez-vous, prenez le temps, vous allez ressentir une nouvelle énergie. « Gino » signe de ses lignes et de l’éclat de sa meuleuse, une expression aussi chaleureuse que contemporaine, qui prend toute sa dimension dans sa capacité à se glisser dans nos vies. L’artiste parvient à créer un mobilier fonctionnel tout en se détachant du fatal utilitarisme faisant souvent de l’ombre aux designers.

A voir jusqu’au dimanche 28 décembre, de 10 h à 12 h et de 14 h 30 à 19 h, à la Maison du Parc. Fermé le jeudi 25 décembre.

22.12.2014

Bernard Lopez l'homme orchestre

Initiateur de nombreux événements et manifestations au village, dont ce qui deviendra la feria, Bernard Lopez tire le rideau de son commerce emblématique. Mais l’homme reste amoureusement attaché à «son» Millas.

millas, bernard lopezBernard Lopez au centre, entouré du comité des feux de la Saint-Jean.

Né en 1952 à Amélie-les-Bains, dans le Vallespir, ses parents tenaient une pâtisserie à Arles-sur-Tech. En 1974, ils s’installent à Millas. Après l’armée et une année d’étudiant où la fête était déjà présente, deux raisons le ramènent à Millas : une, son père sonne le glas des études et deux, « le Canigou me manque ».

1971, tout part de là

Mais déjà, une date marquante, le 17 juillet 1971 : sa première grosse manifestation à Millas. S’occupant des feux de la Saint-Jean, il crée le comité d’animation culturelle, et lance la machine à spectacles. Avec, tenez-vous bien, de grosses pointures au stade (la salle El Médiator à Perpignan n’existait pas à l’époque). Et quelles pointures : Johnny Hallyday (1975 et 78), Michel Sardou (1980), Serge Lama (1981), puis de 1993 à 2002 Willy DeVille, les Rita Mitsouko, Noir Désir, Bernard Lavilliers et tant d’autres… Que de célébrités pour un si petit village avec toutes les anecdotes que cela comporte.

Et comment cet irréductible catalan a réalisé ces prouesses ? Le hasard et le coeur. Car voyez-vous c’est un homme qui fonctionne avec l’affectif. Il a bien quelques défauts, il est vrai, mais cette qualité lui fait renverser les montagnes et il sait être « bouro » quand il le faut, un ami, un contact avec des maisons de production, et ses projets deviennent réalité.

1984 : la feria

Et en 1984, l’idée de génie, voulant créer une fête populaire, humaine empreinte de catalanité, il lance l’idée d’une fête de village sur plusieurs jours qui deviendra la célèbre feria de Millas, qui grimpera crescendo, tout en trouvant la bonne fréquentation, atteignant les 25 à 30000 visiteurs sur quatre jours, le dimanche étant réservé en général pour les locaux qui « asmoursent » entre eux les lendemains de fête.

Sa force à lui, c’est qu’il a su s’entourer d’une équipe fidèle où l’amitié sert de ciment. Le comité d’animations, c’est 21 bénévoles, et l’organisation de la feria, 80 personnes. Car une amitié, vieille de 30 ans, ce n’est pas donné à tout le monde, et former ainsi une équipe solidaire, c’est rare. Mais la notion d’équipe, il l’a depuis ses 16 ans jusqu’à 30 ans, puisque comme tout bon Millassois qui se mérite, il a fait partie de l’équipe emblématique des « rouge et noirs » à XV avec deux titres de champions du Roussillon.

Toro et banda

Et c’est de là que lui vient son surnom « La Paste » qui deviendra la marque de fabrique de ce lieu festif qu’était la pâtisserie Lopez. Une ambiance comme ça, vous ne la trouviez pas ailleurs. On se donnait rendez-vous à « La Paste ». Ses parents déjà, voyez-vous, étaient ouverts jusqu’à 23 h, voire plus, et combien de couples s’étaient fait dans ce lieu, ou plutôt cette institution millassoise. Car entre Bernard Lopez et Millas, c’est une histoire d’amour. « Je l’ai vu grandir, j’ai tout donné pour Millas ». Là ce n’est qu’une face de la montagne, mais vous avez aussi ses deux autres passions, le toro et la musique avec la banda Les Canaillous. Le toro, car passionné comme son père, il est devenu en 1986 « le fou qui a amené les arènes à Millas». Mais qui a su amener aussi José Tomás, le torero qui remplit le plus les arènes, autant par son immense courage et son indiscutable talent, que par son nombre limité de corridas. Et l’avenir s’embellira par la création d’une peña taurine par la génération montante. Sans compter la feria du livre dédiée au dieu Toro et à ses aficionados. De l’écrit aux notes, il n’y a qu’un pas. Remontons quelques années en arrière : « A cette époque, j’avais comme voisin Gaby Adroguer, le coiffeur. Un jour, à mon anniversaire, j’ai eu une trompette », de là, le voisin devint prof, et l’apprenti « musicien et sorcier » lança la banda Les Canaillous, sur les bases des anciens de la clique fanfare, qui à l’époque, accompagnait les cavalcades et carnavals. Bernard Lopez, c’est avant tout une saga mais c’est surtout un homme qui marche à l’affectif. La pâtisserie, ce lieu emblématique, vient de fermer ses portes. Mais l’homme continue. Gérard Maincent
millas,bernard lopezBernard Lopez, à l’origine de la feria, voue une passion pour les toros.

18.12.2014

«Noël en déco» avec l’expo de «Gino»

millas,gino,exposition► Les œuvres de l’artiste Gino exposées jusqu’au 28 décembre.

Jean Gomez dit «Gino», enfant du pays, expose ses nouvelles conceptions et réalisations de meubles et d’objets à l’espace du parc Bombes. Artiste créateur de mobilier contemporain, chez «Gino», la création naît du cœur. La volupté et l’ergonomie des courbes qu’il façonne engendrent émotion et sensualité. Le métal et le bois ont toujours la cote. A voir du 20 décembre au 28 décembre de 10 h à 12 h et de 14 h 30 à 19 h. Le 25 décembre fermé.

27.11.2014

Les Catalans ont dédicacé

millas, dédicace, sébastien piera, seb, joseph tolza, les catalans, galdric et le secret des comtes, catalan► Les auteurs à la pâtisserie

Sébastien Piera, alias Seb, dédicaçait avec Joseph Tolza, le tome II de la bande dessinée, « Les Catalans », intitulé « Galdric et le secret des comtes », qui vient de sortir. Révélations sur l’histoire oubliée de la Catalogne médiévale... Mais c’est avant tout l’histoire d’une rencontre entre Catalans. Celle d’un « jeune homme » de 83 printemps, écrivain et historien millassois, féru de culture avec un dessinateur de presse trentenaire, originaire de Cerdagne, plus habitué à croquer l’actualité pour l’Accent Catalan, France 3 ou L’Indépendant. Vu leur complicité, on se demandait bien qui pouvait être Galdric et qui pouvait être Jep ? Pour leurs secondes incursions dans la BD, les deux complices offrent à un large public, leurs histoires passionnantes à la fois drôle et pédagogique, tendre et humaine, une bonne idée de cadeau, pour les fêtes de fin d’années.

10.11.2014

Seb et Josep dévoilent l’Histoire secrète des Catalans

millas, les catalans, Galdric et le secret des comtes, Josep Tolza, Seb, bande dessinéeLe tome II de la bande dessinée “Les Catalans”, intitulé “Galdric et le secret des comtes”, vient de sortir. Révélations sur l’Histoire oubliée de la Catalogne médiévale.

millas, les catalans, Galdric et le secret des comtes, Josep Tolza, Seb, bande dessinéeSeb et Josep viennent de publier le tome II des aventures du jeune Galdric, qui fait découvrir au lecteur l’Histoire catalane.

Glorieuse épopée que celle du peuple catalan. « Au XIe siècle, la Catalogne était le pays le plus riche d’Europe chrétienne. Il a été le premier à avoir une monnaie d’or », assure l’homme de lettres millassois Josep Tolzà, dont les recherches ont servi de base à la BD Les Catalans. Selon le dessinateur de la série, Seb, l’opulence de la Catalogne ne devait rien au hasard: « A l’époque, à Barcelone, juifs, chrétiens et musulmans avaient droit de cité. Le système féodal a mis plus de temps à s’imposer qu’ailleurs. Tout homme possédait sa terre. Et les femmes aussi, puisque la dot n’était pas dissoute dans le mariage ». La thèse développée, en images, par Josep et Seb s’appuie sur les actes notariés catalans, qui constituent selon eux le plus grand fonds du genre au monde.

Des hommes libres
« Tout a commencé quand j’ai découvert dans un ouvrage d’Histoire un acte de 825, signé par un notaire du Conflent et concernant la vente d’un terrain entre deux paysans, se souvient Josep. Le fait que des paysans puissent vendre leurs terres prouve bien qu’il n’y avait pas de seigneur ! ». Suite à cette prise de conscience, Josep commence à s’intéresser à la législation catalane d’alors. Et reconstitue la Llei Vella, « la coutume des hommes de la montagne », une loi orale qui aurait posé les bases d’un état quasiment démocratique avant l’an mil.
« J’avais une culture historique issue de ma formation à l’école de la République française, indique Seb. Josep met en porte-à-faux certaines choses qu’on m’a apprises. L’Histoire des Catalans est une histoire qui n’a pas pu s’écrire. Pour se construire, les états français et espagnols ont été obligés de la passer sous silence ». Les thèses de Josep n’ont pas manqué de séduire le jeune dessinateur . « Il raconte l’histoire d’hommes libres qui savent réfléchir par eux-mêmes. C’est ça que j’ai trouvé chouette », s’enthousiasme
Seb.

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Sorti en 2012, le tome I des Catalans s’est d’ores et déjà écoulé à plus de 10000 exemplaires. Le tome II, intitulé Galdric et le secret des comtes, en est la suite logique. Il débute avec l’arrivée au pouvoir, en 947, de Borrell II, le petit-fils du premier comte de Catalogne, Guifred le poilu. Et se termine à la mort de Ramon Berenguer III, le dernier comte de Barcelone à ne pas être en parallèle souverain d’Aragon. Si dans l’ouvrage, l’indépendance d’esprit des Catalans médiévaux est portée au pinacle, il n’en va pas de même de l’intégrité des comtes de Barcelone. Ces derniers dissimulent en effet un lourd secret... La BD évoque également diverses innovations artisanales et culturelles que Josep et Seb attribuent aux Catalans. Comme la mise en place de systèmes d’irrigation complexes ou l’invention de l’acier. Sans oublier la première révolte populaire sans effusion de sang qui aurait permis, en 1027, aux paysans catalans de mettre fin aux razzias des féodalistes cherchant à confisquer leurs terres. Selon Josep et Seb, c’est ce mouvement qui aurait poussé l’église acculée à instaurer la Trêve de Dieu. Une BD à la fois drôle et riche en révélations fracassantes. Arnaud Andreu

► Les Catalans Tome II paru le 6 novembre aux éditions Au Diable Vauvert. 12 euros. Dédicaces : le 12 novembre, à partir de 18 h 30, dans le hall Guy-Malé du conseil général (présentation de la BD), le 15 novembre au Leclerc Nord et le 22 novembre à la librairie Cajélice.

27.10.2014

La Légion d’honneur remise à Martine Badmington

C’est pour sa carrière dans l’Éducation nationale que la principale du collège a été honorée.

millas, légion dhonneur, martine badmington, christian philipMartine Badmington et son parrain Christian Philip.

Sur proposition de Christian Philip, ancien recteur de l’académie de Montpellier, de 2009 à 2013, au ministre de l’Éducation nationale pour services rendus à l’école et à la République pendant 43 ans, dont 23 de direction de collèges dans trois académies, six postes, (1990-2013) Rouen, Aix-Marseille et Montpellier, de 2009 à 2013, le décret du 18 avril 2014 a nommé Chevalier dans l’ordre de la Légion d’honneur, Martine Badmington, née Dubos, le 21 mai 1951, à Evreux dans l’Eure (Normandie), institutrice, PEGC puis personnel de direction.

Christian Philip choisi pour parrain, par la récipiendaire, a remis dernièrement la récompense à Martine Badmington, principale de collège honoraire depuis septembre 2013, domiciliée dans la commune depuis février 2010, précédemment décorée Chevalier dans l’ordre des Palmes académiques depuis 2009, dans l’académie d’Aix-Marseille. La cérémonie a eu lieu à la mairie de Millas, accueillis par Damienne Beffara, maire, en présence de Michel Rouquette, inspecteur académique, M. Pares, maire de Pia, doyen des maires et ami de la famille, le lieutenant-colonel Gérard Blanc, de la Société des membres de la Légion d’honneur des P.-O., portant le drapeau du 1er Ordre national.

■  Eloges

Après les nombreux discours, le recteur M. Philip, accrochait l’insigne après un bel éloge, rappelant les origines paysannes modestes, l’envie très jeune d’aller à l’école, des convictions et investissements divers (14 ans maire adjointe en Normandie), les relations internationales dans les comités de jumelage avec l’Angleterre et l’Allemagne, et la réussite dans des postes difficiles de direction avec la considération de tous, hiérarchie, personnels, parents.

La réception fut suivie d’un vin d’honneur et d’un buffet, offerts conjointement par la municipalité et la récipiendaire ou plus de 80 invités, voisins, amis, élus, enseignants, commerçants se sont retrouvés dans le parc de la maison du parc.

03.10.2014

L’USM ne retrouvera pas ses seniors cette saison

La réunion de la dernière chance n’a débouché sur rien : les seniors de l’équipe de rugby de Millas ne repartiront pas en Honneur.

millas, USM, école de rugbyReverra-t-on les joueurs de l’USM affronter Elne comme la saison dernière ?

Cette saison, l’équipe de rugby de Millas a été mise en sommeil. Alors qu’elle a été finaliste Honneur la saison dernière, l’USM n’aura pas d’équipes seniors en championnat cette année. La réunion qui s’est tenue le 19 septembre dernier entre le président du comité Pays catalan et le maire de Millas n’a pas permis de trouver de solution, notamment en raison du départ de 29 joueurs dans d’autres clubs et de 6 autres en “retraite” sportive.

Après cette douche froide, et la météo de circonstance ces derniers jours, comment réagissent les habitants de Millas.

Ce qu'ils en pensent

millas,usm,école de rugbyMadeleine, une habitante

« Que dire… C’est catastrophique. Mon fils y faisait du rugby. Mais, on n’a plus de soutien. Cela apportait beaucoup aux commerçants et à la vie de la commune. Le village a gros à perdre ».

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David, garagiste à Saint-Féliu-d’Amont

« Ancien joueur jusqu’en junior, cela me “fout les boules”. Déjà l’année dernière, il n’y avait pas de cadets et de joueurs. il devait y avoir un souci, mais quoi ? Pour l’avenir, j’espère que quelqu’un, ancien joueur ou dirigeant, quelqu’un de vaillant et qui comprenne les jeunes, puisse relancer le club pour jouer comme à l’époque pour le clocher ».

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Pascal, boucher-charcutier à Millas

« C’est très dommage, vraiment très dommage. Cela donnait de l’animation et de la vie le dimanche, les jours de matchs, c’était bon pour le commerce et le village. Pour une ville de 4000 habitants, c’est vraiment dommage, surtout qu’on a été surpris : on l’a appris au dernier moment alors que pourtant en fin de saison dernière, on nous laissait augurer des jours meilleurs. D’où le choc ».

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Hugo, ancien joueur de l’US Millas

« Je suis dégoûté, Millas, c’est un club mythique connu dans tout le département pour son école de rugby et sa première. Que vont faire les anciens le dimanche ? Avant, ils pouvaient voir les jeunes jouer et suivre leur évolution et surtout se retrouver pour l’après-match. Étant, pour des raisons professionnelles, joueur à Bompas, cela m’aurait permis de jouer contre mes anciens copains. Si le club remonte l’année prochaine, il faudra que ce soit avec des potes à moi avec qui j’ai fait mon école de rugby et que d’anciens joueurs partis reviennent ».

millas,usm,école de rugby
Geneviève, boulangère

« C’était convivial, chacun donnait un coup de main, on se sentait bien. Autant de départs de joueurs, ce serait dû à une mauvaise entente entre dirigeants et joueurs, d’après ma clientèle. On a une désagréable sensation d’inachevé. On a rien fait pour la garder ».

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Bernard, client de la boulangerie

« Le dimanche, c’était la sortie, on s’amusait, une sorte de 3e mi-temps, quand un village perd son rugby et sa pâtisserie, ce n’est pas bon signe. J’espère que cela repartira avec des joueurs de Millas, ayant l’esprit de clocher, car cela nous manque énormément ».