13.11.2014

Un plan d’eau réservé pour les moucheurs

Un des quatre plans d’eau du village a vu déferler les pêcheurs à la mouche. Le réservoir leur est attribué.

millas, pêche à la mouche, rené patau, damienne beffara, ségolène neuville, hermeline malherbe, robert olive, fédération pêche► René Patau et Damienne Beffara, maire, tout sourire.

De longue date René Patau, le président de la Fédération des Pyrénées-Orientales pour la pêche et la protection du milieu aquatique, souhaitait la réalisation d’un réservoir pour une activité réservée aux pêcheurs à la mouche. Ce projet tant attendu, vient de voir le jour à Millas.

■ Partager l’espace

Un des quatre plans d’eau est mis à la disposition de ces passionnés. La commune de Millas a récemment et gracieusement amodié les droits de pêche des quatre plans d’eau, aux pêcheurs catalans, sous couvert de leur fédération départementale. L’objectif commun est de partager l’espace entre tous les utilisateurs du site et de faire en sorte qu’il soit un écrin de verdure et d’eau, le plus attrayant possible.

Pour la pêche, autorisée quatre jours par semaine (samedi, dimanche, lundi, mercredi et jours fériés), l’idée repose sur la volonté de proposer différentes pratiques de pêche en fonction du potentiel de chaque plan d’eau. La proximité de la maison de la pêche et de la nature devrait impulser une forte fréquentation et en particulier vulgariser et développer la pêche parmi les jeunes générations.

Le coup d’envoi a été donné le samedi 8 novembre. Durant toute la journée les nombreuses et belles prises se sont succédées et ont été remises à l’eau avec précaution. Plus de 40 pêcheurs ont participé à cet événement important et contribué à sa réussite. Une raison de plus pour que 2015 marque l’accentuation des efforts de la fédération de pêche, en faveur du loisir pêche, c’est-à-dire de tout ce qui est susceptible d’être entrepris pour renforcer la satisfaction des pêcheurs. Sur le réservoir la pêche sera autorisée du 1er janvier au 11 mai et du 11 juillet au 31 décembre 2015. Sur les autres plans d’eau des aménagements supplémentaires sont prévus, ainsi qu’un panneautage général approprié sur l’ensemble du site.

La réalisation des investissements destinés au système de brassage de l’eau et la pose de trois pontons ont été rendues possible grâce à l’aide du conseil général, de la fédération nationale de pêche en France et du conseil régional. Mme le maire, après avoir excusé Ségolène Neuville, Hermeline Malherbe et Robert Olive, a rappelé le rôle important joué par la fédération de pêche pour l’organisation du loisir et s’est réjouie de sa contribution à la gestion d’un site, où les usages sont partagés. Une journée particulièrement réussie pour ce coup d’envoi, avec en perspective de nombreux rendez-vous en cours.

19.10.2014

Nefiach : Inauguration de l’Espace Christian Bourquin

Quelques mois après sa disparition, les élus néfiachois ont tenu à dédier ce nouveau lieu de vie consacré à la jeunesse à Christian Bourquin.

millas, nefiach, christian bourquinmillas, nefiach, christian bourquinA l’occasion de cette inauguration, un hommage lui a été rendu en présence de sa famille et de
ses proches.

Avec le discours poignant de son frère Jean-Pierre, rappelant avec émotion, l’attachement de son frère pour sa terre et les villages alentours, essaimant quelques anecdotes personnelles et la plaque commémorative dévoilée par ses deux enfants, Jordi et Sophie, l’espace Christian Bourquin était né.

Un espace 3 en 1 dédié à la jeunesse

D’une part, la médiathèque communautaire, dernière-née du réseau Roussillon Conflent, cette dernière a été conçue comme un lieu de culture convivial et ouvert continuant de mettre la culture à portée de tous, tout en offrant une offre culturelle riche, variée et totalement gratuite (3000 références proposées). Chacun y trouvera son bonheur soit côté livre (romans, BD, documentaires, contes pour enfants…) soit côté musique sans oublier les conférences, les rencontres littéraires, et bien d’autres
manifestations.

Restaurant et accueil périscolaire

L’espace Christian Bourquin, c’est aussi une structure d’accueil globale pour la jeunesse néfiachoise. Ainsi, le restaurant scolaire et l’accueil de loisirs forment, avec la médiathèque, un ensemble moderne permettant d’accueillir la centaine d’enfants inscrits. « Terminés les trajets en bus jusqu’à Millas se réjouit Claude Moret, maire. Désormais, les enfants n’ont qu’à traverser la rue pour venir manger ».

Robert Olive, président de Roussillon Conflent, complète : «ce projet n’aurait pas pu voir le jour sans la qualité du partenariat qui lie la commune de Néfiach à Roussillon Conflent. Ensemble, nous avons décidé de miser sur la jeunesse du territoire et, même si certains peuvent penser que cela coûte cher, nous considérons que le bien-être de nos enfants est un investissement sur l’avenir autant qu’une priorité. Avec ce magnifique espace, Néfiach est aujourd’hui capable de proposer à ses enfants une qualité d’accueil et des conditions d’épanouissement de premier plan. C’est le sens même de l’action de Roussillon Conflent. »
millas, nefiach, christian bourquinUn nombreux public est venu assister à l’inauguration.

Côté finances

Cet espace créé par la Communauté de Communes Roussillon Conflent et la commune de Néfiach regroupe la médiathèque, le restaurant scolaire et l’accueil de loisirs communautaires ainsi que l’aire de jeux et les terrains de sport communaux. L’inauguration de l’espace Christian Bourquin a eu lieu en présence de Ségolène Neuville, secrétaire d’Etat chargée des Personnes handicapées et de la lutte contre l’exclusion, Josiane Chevalier, préfet des Pyrénées-Orientales, Hermeline Malherbe, sénatrice et présidente du Conseil Général des Pyrénées-Orientales, Jean Roque, conseiller régional, représentant le président du Conseil Régional du Languedoc-Roussillon, et l’ensemble des élus communautaires et communaux de Roussillon Conflent et du président de la CAF, Michel Cabot.

Le coût global du programme s’élève à 1 300 000 d’euros dont 496 830 euros de subventions obtenues auprès des partenaires financiers de Roussillon Conflent que sont : l’Etat, le Conseil Régional du Languedoc-Roussillon, le Conseil Général des Pyrénées-Orientales, la Caisse d’Allocations Familiales, la Communauté de Communes Roussillon Conflent, la commune de Néfiach.

10.09.2014

MILLAS : Le ballon ovale millassois a de beaux jours devant lui

En cette période de retour sur les stades, le président de l’US Millas, David Giner, fait le point sur ce club qui repart sur de bonnes bases et compte bien devenir plus fort que jamais.

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Sous la houlette de David-Giner, l’USM est en ordre de marche.

L’US Millas a réalisé la saison dernière de bons résultats : finaliste malheureux du championnat du Roussillon Honneur et Réserve ; deux autres beaux succès en école de rugby, les cadets en Entente avec Thuir ont fini champions du Languedoc-Roussillon et les minimes champions départementaux UFOLEP 2.

Comment se passe cette reprise de l’école de rugby ?
Les résultats démontrent la qualité de l’école de rugby avec des éducateurs et des parents bénévoles et dévoués au développement social, physique, rugbystique des enfants. Les entraînements se passeront sur deux jours, le mardi et le mercredi, pour les catégories babys, poussins, benjamins, minimes. Et bien sûr les compétitions, le samedi. Nous sommes prêts à accueillir autant de garçons et de filles qui veulent venir pratiquer le rugby. Cette année, on remonte une équipe cadets, dont les entraînements se dérouleront, les mercredis, de 18 h à 19 h 30. Elle sera coachée par des joueurs de l’équipe 1re et entourée d’anciens du club. Les adolescents auront un suivi médical sur toute la saison, cela afin de protéger les joueurs. Cet investissement des joueurs de l’équipe 1re montre l’implication de tous dans la vie de l’USM.

Justement, comment se porte cette équipe ?
Elle a toujours essayé de montrer force, conviction et beau jeu sur le terrain. Les résultats des dernières années ont permis de voir éclore des talents issus du club. Nous avons dominé sans concrétiser durant trois ans de suite, ses trois banderilles nous ont fait mettre un genou sur le gazon cette année.

Pourquoi ?
Des joueurs courtisés par la quasi-totalité des clubs de F2 et F3 ont fini par céder aux chants des sirènes. Nous ne boxons pas dans la même catégorie voilà tout (argent, défraiements, primes de match et on en passe). Nous le concevons et l’acceptons, mais nous essayons de résister. D’ailleurs, nous sommes un peu exaspérés, Il est normal que tout club veuille accéder à la fédérale, à condition que les règles soient respectées (réserve, juniors, cadets, école de rugby, licences blanches) qu’il n’y ait plus d’entente en déraison avec + de 50 km hors territoire pour une équipe juniors ou cadets. Malheureusement, c’est en acceptant cela que l’on détruit notre sport. C’est pour cela que l’USM met en valeur la formation et continuera dans les années futures.

Comment voyez-vous l’avenir ?
Pour l’USM ce n’est pas facile, c’est un club, une entité, une âme difficile à dompter. Après avoir reçu et vu plusieurs entraîneurs, le projet était beau, mais la tâche difficile, nous avons essuyé quelques échecs. Nous avons tout repris jusqu’aux fondations, et nous partons sur des bases saines et claires pour tous, avec des ambitions raisonnables avec comme entraîneur Cédric Campa issu du club en tant que joueur et éducateur. Nous ne mourrons pas, ce qui aurait fait plaisir à plusieurs clubs, nous jouerons la saison prochaine, certes pas en « groupe A», mais nous jouerons. Les entraînements ont repris, le mercredi et le vendredi, depuis une semaine.

Un souhait ?
Nous profitons de cette tribune pour appeler les Millassois de cœur, les aficionados de l’USM en âge de jouer ou pas, dans toutes catégories babys, poussins, benjamins, minimes, cadets, juniors, et bien sûr l’équipe 1re seniors, vétérans et anciens de l’USM, à venir nous rejoindre. Pour remplir et resserrer les rangs car ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort à Millas.

29.08.2014

Obsèques de Christian Bourquin : les hommages en images (VIDEO)

TV Sud vous propose de retrouver quelques moments forts de cette cérémonie.

Le Premier ministre, Manuel Valls, a rendu hommage vendredi au président du Languedoc-Roussillon et sénateur des Pyrénées-Orientales Christian Bourquin décédé mardi, lors d'une cérémonie républicaine à Millas qui a réuni près de quatre mille personnes. 

Le président du Sénat Jean-Pierre Bel, la ministre des Affaires sociales, des Droits des femmes et de la Santé, Marisol Touraine et de nombreux élus de la région et du département assistaient aussi à cette cérémonie en présence de la compagne de Christian Bourquin, Ségolène Neuville, actuelle secrétaire d'État chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l'exclusion.

Le salut des anonymes et de la France à Christian Bourquin

Des milliers de personnes sont attendues ce matin à Millas où se tiennent les obsèques du président de la région. Tout un peuple, et même des ministres, pour un dernier adieu.

millas, christian bourquinA Millas, les citoyens ont défilé dans la chapelle ardente pour dire leur tristesse.

Aux côtés du premier ministre Manuel Valls, ils devraient être plusieurs milliers d’anonymes ce matin sur la promenade des platanes de Millas pour assister aux obsèques civiles de Christian Bourquin.

Depuis deux jours, nombreux sont les Perpignanais qui sont venus rendre un dernier hommage « à leur président ». Que ce soit à la Maison de la Région ou dans la salle Guy Mallet du Conseil général, ils témoignent en quelques lignes leurs émotions au travers des registres de condoléances installés dans les deux lieux.

A la lecture des mots chaleureux couchés sur le papier et où le tutoiement est le plus souvent de vigueur, s’étale la relation particulière, remplie de camaraderie et de proximité, qu’entretenait Christian Bourquin avec les Catalans. « Des hommes de ta stature et de ton courage sont de plus en plus rares », « Merci pour ce que tu as fait », « Adieu Camarade » peut-on lire dans ces derniers témoignages en signe d’adieu.

« La Catalogne a perdu un fils »

Présente hier au conseil général, Jeanine est venue tout naturellement à Perpignan pour laisser cette trace écrite. Les yeux rougis par l’émotion, elle ne cache pas sa tristesse. « Je ne vous dirai pas ce que j’ai écrit mais c’était un grand Catalan. Je l’ai connu petit garçon et j’ai eu la chance de le revoir quelques années plus tard. C’était un homme proche des gens, toujours à l’écoute et qui a surtout fait beaucoup pour son département. Malgré la maladie, il était capable de grandes choses et aujourd’hui, la Catalogne a perdu un fils ».

Camarade de route, Georges nous parle « d’un grand homme. Avec lui, les socialistes ont trouvé un leader naturel qui ne doit sa carrière politique qu’à son esprit battant. Quatre jours avant que la maladie le terrasse, il continuait à se battre sur les dossiers qui lui tenaient à cœur. C’est dire la force de cet homme. On le regrettera longtemps ».

Marc, salarié du conseil général se souvient lui aussi d’un homme à l’écoute « des employés des collectivités qu’il dirigeait que ce soit à la mairie de Millas, au conseil général ou à la Région. Il y avait
certes l’animal politique qui a fait tant pour notre département, mais il y avait aussi l’homme profondément respectueux de ses agents. Qu’il repose en paix car nous continuerons, là où nous sommes, à faire chanter l’accent catalan de la République française, que ce soit en plaine ou au sommet du Canigou ». Julien Marion

millas, christian bourquinA Perpignan ou à Millas, les marques d’affection se sont multipliées hier.
millas, christian bourquin Des gerbes de fleurs envoyées de tout le Languedoc-Roussillon et même de Provence. Photos Nicolas Parent.

Chapelle ardente de Millas: l’hommage du peuple

Recueillement de rigueur hier à la mairie de Millas.

millas, christian bourquinAprès les élus, qui sont venus se recueillir mercredi, c’était hier au tour des simples citoyens de venir rendre hommage à Christian Bourquin. Les visiteurs se sont succédé tout au long de la journée, à la mairie de Millas, dans la chapelle ardente où était installé le cercueil de l’homme politique. Joachim, 53 ans, du Soler, avait notamment tenu à effectuer le déplacement. « J’ai connu Christian Bourquin lors de réunions en lien avec mon activité associative, explique ce membre du bureau de la Société de tir catalane. Il a fait beaucoup pour le sport, les associations et la population en général. C’était quelqu’un de très chaleureux ».

Montagnes de fleurs

Les Millassois étaient aussi légion  à venir signer les cahiers de condoléances. Emilie, 33 ans, faisait partie de ceux-là. « Il a été un très bon maire, estime-t-elle. Je me souviendrai d’un homme proche des gens. Il travaillait beaucoup. Mais il prenait le temps de parler avec ses administrés et de boire des pots avec nous pendant la feria ». Un homme « proche des gens ». C’est également le souvenir qu’Antoine, 73 ans, gardera de Christian Bourquin: « Il a rendu service à tout le monde à Millas. Quand il disait quelque chose, il le faisait. C’était un type droit et sincère ». Les jeunes du village étaient aussi au rendez-vous. « On est venu car il a toujours été gentil avec nous, expliquent Savanah et Amandine, toutes deux âgées de 16 ans. On avait visité le conseil général avec lui quand on était à l’école. C’était un homme en or. Il restera dans nos mémoires ». Un hommage populaire qui ne se limite pas à la chapelle ardente. A quelques pas de là, la salle du conseil municipal croule sous les couronnes de fleurs. « Depuis hier, on en reçoit de tout le Languedoc-Roussillon et même de Provence, confient Sylvette et Alphonse, qui s’occupent de réceptionner
les gerbes. Et encore : là, il n’y a même pas le quart de tout ce qu’on attend. On est également assailli de coups de fil. Tout le monde veut participer aux obsèques ».

La cérémonie se déroulera ce matin sur la promenade des platanes. Au coeur de Millas. Arnaud Andreu

28.08.2014

Le sens de la marche

Christian Bourquin n’était pas qu’une “machine” à gagner les élections. Il était aussi un homme dont la vie privée était réduite à sa portion congrue. Une bête politique, mais pas à sang froid.

millas,christian bourquinChristian Bourquin au début du mois à la feria de Millas.

Dans “homme politique”, il y a homme. On a tendance à l’oublier tant l’homo politicus et son époque aiment à faire de l’ombre à l’homme tout court. Et c’est souvent injuste. Christian Bourquin n’a jamais exposé sa vie privée, ni sa famille. Pas le genre à poser en famille avec ses enfants, même autour d’un isoloir. Il a, une fois, ouvert son jardin millassois à la presse. C’était au printemps 1998, juste après son élection à la présidence du conseil général des P.-O.. On le voit prenant la pose avec son épouse d’alors, Damienne Beffara et leurs deux enfants Jordi et Sophie, et on ne sent personne à l’aise. Ce jour-là, Bourquin s’est prêté à l’exercice alors en vogue du “Je suis M. tout le monde”. Loisirs préférés ? « La marche en montagne ». Coin préféré ? « La Cerdagne, le Capcir, le Canigou  ». Anima l? « L’écureuil ». Il n’aura varié que sur l’animal, tombé raide amoureux des ânes depuis que sa dernière compagne, Ségolène Neuville, lui avait offert Olympe, une ânesse « très intelligente, qui comprend tout », racontait-il. C’est tout ce que Bourquin révélera jamais de Christian.

Calme

Des éléments biographiques faméliques au regard de l’épaisseur gagnée par le personnage au fil de ses conquêtes électorales. Christian Bourquin était « un mec bien, un vrai gentil et un gros affectif ». L’affirmation paraît suspecte à cette heure-ci, sauf qu’elle émane d’un de ses très bons ennemis. Bruno Delmas a accompagné son ascension de la prise du conseil général, en 1998, à 2001. Directeur de cabinet, il fut alors l’ombre du “Président” avant d’être banni, à jamais. « Il aimait qu’on l’appelle “Président”, ça le rassurait parce que c’était aussi un signe de soumission, dit-il. Il avait un petit complexe d’infériorité, il craignait toujours qu’on lui reproche d’avoir succédé à son beau-père par exemple, alors qu’ensuite il s’est tout gagné. C’était un autodidacte qui avait peur de perdre le pouvoir ». Notamment en 1998 justement lorsqu’il dispose d’une majorité d’un siège au conseil général. Craignant de voir ses budgets rejetés, il applique alors à la lettre un enseignement de Georges Frêche : « Acheter les gens ». « Parfois, de simples places à l’USAP suffisaient. Il les méprisait pour ça mais ne le montrait jamais parce qu’il ne voulait pas blesser les gens. Ça, il se l’interdisait ». Sans doute l’un des secrets du calme dont Bourquin ne se départissait jamais. « Non, je ne l’ai jamais vu en colère, mais les mecs se couchaient devant lui, pourquoi se serait-il mis en colère ? ».

Apaisé

Une dizaine d’années plus tard, solidement arrimé dans la vie politique, ses plus proches collaborateurs ne pourront que constater la “zénitude” du Catalan. Une sérénité « qu’il diffusait autour de lui ». On l’a toutefois vu souffler dans les bronches d’une ou deux « personnalités, pas forcément des élus d’ailleurs ». « Ce qui le mettait en colère c’était des paroles données et pas respectées. Là, il pouvait se montrer
dur ». Pour le reste, « il n’avait pas changé entre Perpignan et Montpellier ».

Au bord du Lez, on dit qu’il était « humain, simple, bosseur, toujours en mouvement et attentif aux autres ». Il souhaitait ainsi les anniversaires et fêtes de certaines de ses connaissances. Mais on lui connaissait peu de passe-temps, lui qui entretenait un rapport au temps presque obsessionnel tant il rythmait son agenda politique et donc 95% de sa vie. « C’est vrai qu’il avait peu de loisirs à part la marche et les confitures de figues ou d’abricots qu’il faisait chaque année ». Une vie qui peut paraître presque austère quand on n’est pas une bête politique. « A Montpellier, son côté bagarreur s’était apaisé ». Sauf pour combattre son cancer. Mais de sa santé, et de la mort,  il ne parlait jamais. Il ne se plaignait pas et seul le rituel du quart d’Evian qu’on lui apportait à heure fixe trahissait le souci de suivre scrupuleusement les recommandations médicales.

Marcheur infatigable, extrêmement fier d’avoir gravi parmi les plus hauts sommets du monde, même après l’ablation de son rein cancéreux, Christian Bourquin continuait à regarder devant. Dans le sens de la marche. Frédérique Michalak