26.09.2011

Sénatoriales : Bourquin et Calvet sortent Alduy

millas, sénatoriales, bourquin, calvetHier soir, Christian Bourquin, victorieux et sa suppléante Hermeline Malherbe.  © Photos Thierry Grillet

Les grands électeurs des Pyrénées-Orientales ont choisi de panacher leurs votes. Et ont élu, pour les représenter à la Haute assemblée, un sénateur de gauche et un sénateur de droite. Christian Bourquin et François Calvet. Un tandem inattendu pour beaucoup il y a encore une poignée de semaines. Inconcevable pour certains. Un tandem qui chamboule le paysage politique local. En renforçant la gauche et en affaiblissant la droite qui perd là un sénateur.

Uppercut gauche-droite Pour la droite, le premier coup est arrivé tôt. A 13 h 15 précises lorsque M. Puigségur, le président du tribunal où se déroulait le scrutin a officiellement proclamé "monsieur Christian Bourquin élu au premier tour". Sur un banc de la salle d'audience, l'intéressé savourait sa victoire avec retenue. Quelques heures plus tard, il était moins modeste en se présentant devant ses supporters "en (sa) qualité de leader politique régional".

Bourquin ne se lasse pas de cumuler. Le conseil général des P.-O. (qu'il va pourtant abandonner pour cause de cumul justement), la Région et aujourd'hui le Sénat. L'homme ne connaît pas le vertige mais l'a refilé à d'autres. Le message est clair : c'est lui qui 'tient' la région. Et les destinataires se reconnaîtront : la rue de Solférino, siège d'un PS dont il est toujours exclu. Mais pour combien de temps encore ? Quel candidat socialiste pourrait se passer du soutien d'un Bourquin tout puissant et des voix censées aller avec ? Régionalement, il s'enfonce un peu plus dans le fauteuil de Frêche et il sera désormais plus compliqué de le déloger du convoité hôtel de Région. Départementalement et peut-être plus personnellement, il a participé à la défaite de son meilleur ennemi, Jean-Paul Alduy. En prenant sa place de sénateur, il a aussi pris sa place d'homme fort des P.-O.

La sortie d'Alduy

Présent le matin et en début d'après-midi, le sénateur sortant est ensuite resté invisible. "Il se repose", soufflait pudiquement son suppléant Bernard Remedi à ceux qui le cherchaient. Dès le début du second dépouillement, Jean-Paul Alduy a su que c'était "plié" comme l'a dit l'un de ses supporters. Le sénateur sortant ne retournera pas au palais de Luxembourg. Un revers pour l'ancien maire de Perpignan et aujourd'hui président de l'Agglo qui n'a pas pu compter sur les voix des siens. Alduy n'a pas fait le plein en mairie, pas plus qu'à l'Agglo. Malgré le 'recadrage' de Jean-Marc Pujol qui entre les deux tours a rappelé à ses troupes de voter Alduy. Malgré le 'travail' fait auprès des maires ruraux. Il a maintenu sa candidature au second tour. Malgré les conseils de ses 'amis' UMP et, surtout, malgré une intervention de l'Elysée.

Le coup de fil de l'Elysée Jean-Paul Alduy a reçu hier en début d'après-midi un coup de fil venant directement de l'Elysée. Pas de l'UMP, pas de Matignon, mais du bureau du président de la République. Un proche de Nicolas Sarkozy lui a demandé de se désister afin d'assurer l'élection de l'UMP François Calvet. Jean-Paul Alduy a refusé et déposé sa candidature pour le second tour à 14 h 10. Quatre heures plus tard, Calvet était officiellement déclaré vainqueur de cette lutte fratricide. Un affrontement qui a fait perdre un siège à la droite dans les P.-O. Et qui laissera des traces profondes dans ce camp. Hier soir déjà, certains reprochaient une nouvelle fois à Alduy son positionnement auprès de Borloo, sa "distance avec les maires", ses répudiations. La bête politique, blessée, a pour l'instant choisi le silence.

Calvet au sommet

"J'ai travaillé entre midi et deux, à ma façon. Quand on m'em....., je travaille à ma façon". On le croit tout en rondeur, François Calvet sait aussi sortir les griffes et hier il les a aiguisés sur "Jean-Paul". "Moi, j'ai affiché mon étiquette, mes convictions, je ne me suis pas caché et moi, je me serais retiré si les places avaient été inversées". En donnant de ce discours aux grands électeurs indécis, il est arrivé devant Alduy au second tour, comme au premier. Le maire du Soler passe de l'Assemblée nationale au Sénat. Comme Bourquin, il a battu son meilleur ennemi et, cerise sur le gâteau, il a sauvé une place de sénateur pour l'UMP. En bon grognard. Il lui reste à faire le lit de son successeur sur la troisième circonscription. "J'ai demandé à Jean Castex de venir dans le département pour ça, parce qu'on a besoin de gens compétents comme lui", a-t-il affirmé hier soir. Le toujours président de l'UMP 66 entend donc redynamiser son camp avec son secrétaire départemental Gilles Foxonet et avec le secrétaire général adjoint de l'Elysée. A quelques mois de la présidentielle.