12.09.2014

À Barcelone, la rue a déjà voté

De 500 000 à 1,8 million de Catalans, selon les sources, ont dit leur désir d’indépendance hier à Barcelone. Dans le calme et avec Lluis Llach. Mais, Madrid refuse toujours le vote du 9 novembre.

millas, Barcelone, Catalogne, Indépendance, Lluis LlachDu jaune, du rouge et énormément d’enthousiasme pour les milliers de Catalans déterminés à prendre leur indépendance.

Aujourd’hui, nous remplissons les avenues de Barcelone, le 9 novembre nous remplirons les urnes de Catalogne. Nous écrivons l’histoire. Visca Catalunya lliure !» Carme Forcadell exulte. 18h sonnée place de les Glories, l’émotion étreint la présidente de l’Assemblea Naciona de Catalunya.

En ce jour de Diada, 300 ans après la perte de Barcelone, 1800000 personnes selon la guardia urbana de Barcelone (catalaniste), entre 470000 et 520000 selon la délégation du gouvernement espagnol forment le plus grand V humain jamais dessiné. Elles affichent en majuscule leur volonté d’autodétermination. Et au-delà, leur désir d’indépendance, sans cesse revendiquée hier.

L’avenue Diagonal et la Gran Via de les Corts ne sont plus qu’une immense senyera sang et or. Sur plus de 11 kilomètres et 200000 m2, toutes les régions de Catalogne et toutes les générations «veulent décider leur futur et construire un état solidaire, plus juste et plus libre », assure l’acteur Sergi Lopez.

«Ara es l’hora»

Même Lluis Llach est sorti de son silence pour accompagner au piano mille chanteurs scandant «ara es l’hora» (maintenant, c’est l’heure).

Entre les tours humaines des castellers, les esteladas (drapeaux indépendantistes) et quelques dragons de carton-pâte, Carles, la trentaine empâtée, est venu en famille. «Nous sommes trois couples et six enfants », dont deux tentent de siester couchés sur un bout d’herbe. « C’est très important d’être là en famille. On veut montrer au monde entier notre détermination pacifique et démocratique », s’agite l’architecte
barcelonais.

Un peu plus bas sur la Diagonal, non loin du tram 28 des 400 Catalans du nord, Jordi, un fonctionnaire de Sant-Fost de Capcentilles brandit un drapeau catalan et un drapeau écossais. «Nous menons la même lutte. Et si le 18 septembre, l’Ecosse dit oui à l’indépendance, cela donnera encore plus de force au combat de la Catalogne», prie le quinqua rigolard. En maître de cérémonie, Quim Masferrer, présentateur vedette à TV3, fait un tabac quand il lance, sur l’écran géant, Perret et sa rumba posthume “Catalunya tens poder “*. Une ola géante frissonne le long du V, qui entonne “Els Segadors “, l’hymne catalan.

Emma a voté

Il y a peu de risque que Madrid s’émeuve de cette démonstration de force. Mercredi encore, Soraya Sàenz de Santamaria, vice-présidente du gouvernement espagnol, assurait que « respecter la Constitution est plus démocratique que voter ». Le Premier ministre Mariano Rajoy ne cèdera pas face au calendrier d’Artur Mas qui veut, dès le 19 septembre, promulguer la loi de consultation et le 22, signer le décret de convocation du référendum du 9-N. Le gouvernement espagnol prépare déjà un double recours devant le Tribunal constitutionnel. Si ce dernier, comme c’est très probable, recale l’initiative du président de la Generalitat, le mouvement pourrait se radicaliser et fragiliser Mas qui, sous pression, serait condamné à convoquer de nouvelles élections.

Emma Soler, jeune lycéenne de 16 ans à Rubi, restera-t-elle longtemps la seule Catalane à avoir voté symboliquement hier pour ou contre l’indépendance? «Une immense émotion, un moment, un jour unique dans ma vie ».
A Barcelone, Thierry Bouldoire
*La Catalogne a le pouvoir

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Démonstration de force dans les rues de Barcelone.

15.07.2011

Un millassois à l’honneur dans la presse bretonne

millas, alexis auffret, celte, musique, catalogneLe Moustoirien a importé la musique bretonne en Catalogne.

Depuis quand faites-vous de la musique bretonne ?

"J'ai appris la cornemuse et la bombarde lors de mes études au lycée Colbert de Lorient, de 1962 à 1968. Pendant deux années, j'en ai été le pen-sonneur (sonneur de tête = chef d'orchestre). En 1972, j'ai travaillé à Pontivy comme surveillant au lycée Loth, et j'ai participé à la création du cercle celtique (c'est une association qui a pour but de mettre en valeur les cultures propres à la Bretagne en utilisant éventuellement le breton) de ce lycée. Je suis ensuite parti vers le Sud, d'abord à Marseille, où j'ai suivi des études d'informatique, puis Aix-en-Provence, ensuite Perpignan à la Roussillonnaise pour finir au moulin à huile de Millas."

Comment Millas ?

"Mon beau-père était chef de gare à Millas. Quand j'étais à Marseille, je fréquentais ma future femme et je faisais la navette régulièrement. La destination de Millas est devenue au fil du temps inéluctable. La rencontre de deux cultures avec passion et émerveillement."

Comment peut-on jouer cette musique en Catalogne ?

"J'ai apporté mes instruments avec moi dans le Sud. En 1982, j'ai créé une école de musique à Millas. Avec quelques amis, nous avons fait des spectacles. Des musiciens Catalans ont trouvé ma musique magnifique. Pour nous amuser, nous avons décidé de monter un groupe ensemble qui s'appelle AOC (Appellation d'origine celte). Nous serons à Lorient les 13 et 14 août. Le 15, je jouerai sur les terres de mon enfance, car nous donnerons un concert au stade de Moustoir-Remungol."

Et aujourd'hui, quels sont vos projets ?

"Nous sommes cinq musiciens et un chanteur. Mon fils écrit la musique et est batteur. Notre groupe même si des Catalans font partis de la formation, c'est de la pure musique celte. Nous jouons de la musique festive et certains morceaux sont très dansants. Et à titre personnel, mon but est de jouer le plus longtemps possible, faire plaisir aux gens, jouer avec mes enfants et petits-enfants. Pour 2012, l'année de mes 50 ans de musique, je souhaiterais faire découvrir la musique celte au travers de ses instruments : cornemuse, biniou, bombarde, l'uiellean pipe (cornemuse irlandaise), etc... lors d'une exposition qui leur sera consacrée, un mini-fest-noz et la découverte de l'âme celte, en somme."

03.11.2010

Le plus grand lipdub du monde pour l'indépendance des Pays Catalans



Un lipdub de promotion de l'indépendance de la Catalogne et des Pays Catalans est devenu ce week-end le document le plus visionné via le service Youtube au niveau mondial.

Ce clip de promo version karaoké a été enregistrée le dimanche 24 octobre dans les rues de la ville de Vic, en Catalogne Sud.

5 771 personnes ont participé. Ce qui en fait le record mondial du plus grand nombre de participants à un lipdub selon la World Records Academy.

La bande son de la vidéo "La Flama" est interprétée par le groupe valencià Obrint Pas.

Mathilde Conti

18.08.2010

Corridas : les places françaises prêtes à accueillir les Catalans

Depuis l'interdiction des corridas en Catalogne, les villes taurines françaises manifestent leur soutien aux aficionados catalans.

Dans la foulée, la feria de Millas, habituellement moins revendicative protestait également contre cette interdiction. Christian Bourquin, président du conseil général des Pyrénées-Orientales (ex PS), et élu du canton a effectivement toujours dit son attachement aux courses de taureaux. En mars dernier, il était même à Barcelone où il a plaidé la cause de la tauromachie auprès des députés du parlement catalan. Fin juillet, tandis que l'interdiction venait de tomber, il affirmait déjà "regretter qu'il existe désormais une Catalogne tolérante et une autre qui ne l'est pas". Des propos qu'il a répétés à l'envi pendant la feria de Millas, laissant même entendre qu'il avait en tête "une idée pour montrer aux députés catalans ce qu'est vraiment la corrida".