24.06.2013

Jean-Michel Mariou, lauréat de la 15ème Feria du livre

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Jean-Michel Mariou est directeur littéraire chez Verdier. Il y publie Ce besoin d'Espagne, dont il fait le journal de sa passion, de ses routes, de ses mémoires et de ses reportages et le journal de ses joies et de ses chagrins. Journal d'autant plus émouvant, exigeant, humble, qu'il procède d'un désir d'Espagne - selon l'expression de Dumas - que les garçons de la génération de Mariou, fous de politique et d'envie de changer la vie (l'immédiate après-guerre), bridaient avec la dernière énergie...   Son livre, tout tricoté d'amour, de douleur et de complexité, est une des pièces les plus sereines à apporter dans trois siècles au débat taurin - anti-taurin. Nul prosélytisme, rien de pervers, la vie même, la beauté des taureaux. Des saisons, des châteaux en Espagne, des chemins de terre et les bizarreries de la mémoire...
 
Pourtant, désormais, le voyage en Espagne ne se fera plus sans le Mariou sous le bras ou dans le sac à dos. À l'âge de quatorze ou quinze ans, lorsqu'on ouvre les yeux sur la vie, on a parfois un haut-le-cœur, et la certitude que, quoi qu'il arrive, on ne supportera pas ce chemin-là comme il se donne. Alors on se révolte, et on rêve. On devient musicien, peintre, alpiniste ou torero. On veut danser près du gouffre. On a compris que c'est dans cette brûlure-là, sur ce fil exact que rôdent les questions, les vraies. Et ceux qui ont choisi l'étrange route des toros se tiennent plus près des flammes que les autres.

La passion du toro, maître du campo ou de l'arène, nous jette sur les chemins d'Andalousie, des Landes ou de Camargue. Des processions de la semaine sainte sévillane à la folie des grandes férias, on croise ici tous ces rituels partagés où le sacré naît de la poussière que les hommes soulèvent. CML André Bonnet