09.08.2010

Millas : elle est géante la Feria !

jordibarrefanal.jpgJordi Barre et le Fanal de Sant-Vicens : une magnifique interprétation du Virolal de Montserrat, chant catalan qui clôture la messe.

bourquin.jpgComme chaque année, Christian Bourquin préside à la transformation de l'eau de la Font del Rey en liquide anisé.

apero.jpgLe moment de l'apéritif, très convivial, est attendu par la population et les "estrangers" qui trinquent sous le soleil du midi.

Hier matin, la Feria de Millas était placée sous le signe de la fête catalane et de la tradition. Avec, en premier acte la messe. Suivie d'une invasion de Gegants dans les rues, tous attirés par la célèbre Font del Rey où se déroulait un peu après midi un apéritif qui, lui aussi, était absolument géant.

jordibarre.jpgUn grand merci à Jordi Barre de si bien chanter l'amour du Pays Cataln, et de le faire partager. Un des moments émouvants de la feria.

eglise.jpgLes Millassois sont maintenant rompus à cet exercice difficile qui consiste à faire coexister le sacré et le profane. Le profane, ce sont les Gegants dans l'église, même si l'ancienneté de cette tradition en Catalogne lui confère des droits.


Les Millassois y tiennent et n'hésitent pas à le dire. Si la Feria est un grand moment de débordement festif, il faut aussi qu'elle laisse place au recueillement religieux et à ce que la foi recèle de plus traditionnel. C'est pourquoi la messe en l'église Sainte-Eulalie est une authentique messe catalane, dite et chantée dans la langue du pays. Hier, c'était le Père Louis Masachs, Clarétain de Saint-François d'Assise à Perpignan, qui célébrait l'Eucharistie en catalan, assisté du diacre permanent des paroisses du Riberal Henri Arpajou. La partie musicale était assurée avec talent et entrain par Alain Camps, et rehaussée par Jordi Barre et le Fanal de Sant-Vicens. La messe ouvrit sur la chanson "Nosaltres aqui parlem català": une chanson profane qui parle tant d'amour et de fraternité qu'elle a toute sa place dans une église. Ferveur religieuse et ferveur catalane régnaient donc sur une messe où le public occupa jusqu'à la dernière chaise de la belle église Sainte-Eulalie. La célébration s'acheva sur l'hymne roussillonnais, chanté par Jordi Barre et repris par l'assistance, un émouvant "Muntanyes Regalades".

En marche les Gegants

Les Gegants de Tautavel, qui se trouvaient déjà dans le choeur, furent rejoints dès la fin de la messe par les "colles geganteres" de Perpignan et Thuir, mais également par leurs homologues sud catalanes de Moià, Alella, Sabadell et Mataro. Royaux ou grotesques, les Gegants se livrèrent à leurs habiles pas de danse dans le transept. Les Gegants ne sont pas toujours... géants : quelques-uns, venus de Catalogne du sud, rappellent plutôt les facétieuses "grosses têtes" du Carnaval d'antan.

Tous à la fontaine

La Font del Rey est le lieu de rendez-vous de midi. Les Gegants s'y rendirent donc, drainant avec eux un public enthousiaste. Les Diables i Bruixes del Riberal jouèrent aux Trabucaires à grand bruit, faisant éclater des coups de "trabuc" qui amusèrent la foule et effrayèrent enfants et animaux. Les bandas Els Companys, Els Tirons, celles de Céret et d'Aigues-Mortes, et les inimitables Salanc'aires avec leurs cornemuses, assuraient l'ambiance musicale. Les Canaillous locaux, qui ne désemparent pas depuis le début de la Feria, ne laissaient leur place à personne.

Toutefois, ils acceptèrent comme chaque année de prêter leur hélicon à Christian Bourquin, conseiller général du canton, qui après avoir assisté à la messe procédait au baptême du pastis avec l'eau de la Font del Rey. Le président du conseil général remplit lui-même nombre de timbales, avant de souffler dans l'hélicon, puis de prendre place sous les ombrages pour le repas dominical en plein air, un autre acte incontournable de la Feria.