08.11.2012

Ils ont bouclé Pékin-Londres à vélo

Deux cyclotouristes des P.-O., Michèle Besson et Gaëtan Bruni, ont rallié les deux capitales au terme d'un périple de 14 500 km. Retour sur une Aventure avec un "A".

millas,pékin londres,vélo,michèle besson,gaëtan bruniMichèle et Gaëtan opeuvent être fières de leur périple.

14 500 km, 75 000 m de dénivelé, 127 jours, les chiffres sont impressionnants et pourtant Michèle et Gaëtan ont avalé ces kilomètres pendant cinq mois pour relever le défi sportif proposé par la Fédération française de cyclotourisme (FFCT), en ralliant Pékin à Londres, via Paris, pour assister à l'ouverture des Jeux Paralympiques. Au programme, cinq mois de vélo quotidien (ou presque), treize pays traversés (Chine, Kirghizistan, Kazakhstan, Russie, Ukraine, Moldavie, Bulgarie, Roumanie, Hongrie, Autriche, Allemagne, France, Angleterre) et quelques cols à plus de 4 000 m. S'il s'agit pour Michèle Besson et Gaëtan Bruni de montrer que "des gens ordinaires peuvent faire des choses extraordinaires", on peut dire que c'est le cas. Pas de crevaisons mais deux jeux de plaquettes de frein et un dérailleur comme seul ennui mécanique. Avec quatre-vingts autres affamés de kilomètres et d'aventures, Michèle et Gaëtan ont pu réaliser ce rêve et sans doute l'Aventure (avec un grand A, bien sûr) de leur vie.

"Road Story"

Le départ, en Chine, les a marqués d'entrée. "Un pays en pleine expansion. Des villes nouvelles poussent au milieu de nulle part, beaucoup de déserts et des routes toutes droites d'une longueur de 100 km. Nous avons souffert de la pollution, problèmes respiratoires, problèmes intestinaux (tourista), adaptation à la nourriture à base végétarienne… Perte pondérale en un mois allant de 2 à 15 kg... Des cols, proches des 4 000 m parfois et des températures extrêmes allant de -10° à +47° avec bivouac à 2 500 m", se souviennent-ils. "La météo était très favorable, peu de pluie mais souvent du vent et de face. On a traversé des paysages grandioses surtout en montagne. On a passé deux nuits dans des yourtes et on consommait cinq à six litres de boissons par temps chaud, sur des pistes infernales pouvant atteindre 120 km" La sortie de la Chine a donc été accueillie avec soulagement. "Le Kirghizistan nous a émerveillés avec ses paysages verdoyant, des montagnes peuplées de troupeaux et les habitants très accueillants et toujours souriant vivant dans les yourtes", se rappellent les deux cyclos. Ils ont toujours trouvé en eux les ressources pour continuer à pédaler, à aller de l'avant. Heureux d'avoir vécu une telle aventure.

Transition difficile
 
Mais de retour au bercail, Michèle et Gaëtan se retrouvèrent légèrement désorientés, avec une impression de vide. Il faut avouer qu'après avoir vécu cette "vie de nomade avec beaucoup de personnes", ils sont passés d'une "vie de famille à celui d'orphelin". C'était une manière de se reposer et de se réadapter à la vie française. Mais que de souvenirs dans les sacoches et nombre de photos à classer. Quelle expérience de vie enrichissante, une ouverture d'esprit sur le monde. Beaucoup de préjugés tombèrent tel la Roumanie, dont "nombre de personnes ont une vision négative, mais qui les a toujours accueillis chaleureusement, partageant le pain et le sel". Bon vent à ces deux aventuriers.

Deux carnets de route impressionnants

millas,pékin londres,vélo,michèle besson,gaëtan bruniMichèle a fait ses armes à l'AC Millas et ses coéquipiers ont très vite compris qu'une passion venait de naître. Traversées, semaines fédérales ou de club, brevets et séjours en France et ailleurs, on perd le compte de ses participations. A 48 ans, dans les Hautes-Pyrénées, "l'essayer, c'est l'adopter", elle a fait le Tourmalet avec un vélo d'occasion. Il fallait "un bon coup de pédale, se prouver à moi-même".
millas,pékin londres,vélo,michèle besson,gaëtan bruniGaëtan a, lui, une hérédité de baroudeur puisqu'en 1932 déjà, son père avait traversé Italie et Afrique à vélo pour gravir le Kilimandjaro (5 963 m) en solitaire. Une expédition à l'époque, vu les moyens et conditions. Bon sang ne saurait mentir. Son carnet de route en fait preuve. Il a attrapé le virus très jeune, 14 ans au boulot et son compagnon, le vélo comme unique moyen de déplacement. Cela lui a permis de se découvrir : "J'ai toujours eu le goût de l'effort, l'envie de dépasser mes limites".

Michèle et Gaëtan ont des caractères différents mais ils avaient le même but commun : aller jusqu'au bout. Savoir s'adapter, parfois serrer les dents face aux événements et aux éléments rencontrés. Le mental était souvent primordial et plus exigeant que les qualités sportives. "Des fois cela tenait plus du "cyclo-bagnard" que du cyclotourisme", souligne Gaëtan. "Il fallait un gros mental, puiser dans les réserves du groupe dans les coups durs", renchérit Michèle. "Chacun avait sa chance", affirment-ils d'un commun accord. 

29.03.2012

Deux Millassois se lancent dans l'aventure Pékin-Londres à vélo

Sans titre 1.jpgLes deux millassois fin prêts pour l'expédition.

Ça roule à l'Amicale cyclo millassoise. En 2011, deux de ses membres, Michèle Besson et Gaëtan Bruni n'ont guère eu le temps de faire de la dentelle ou de jouer au bridge : ils ont parcouru respectivement 10 000 et 11 000 km à vélo. Mais ils auront l'occasion de faire mieux cette année entre Pékin et Londres, l'aventure dans laquelle ils se sont lancés, une expédition mise sur pied par la Fédération française de cyclotourisme (FFCT). Après l'expérience réussie du Paris-Pékin 2008, la FFCT remet en effet le couvert en reliant cette année Pékin à Londres, les villes olympiques 2008 et 2012.

Avec quatre vingt autres affamés de kilomètres et d'aventures, Michèle et Gaëtan se sont inscrits pour réaliser ce rêve et sans doute l'Aventure (avec un grand A, bien sûr !) de leur vie.

Deux carnets de route impressionnants

Michèle a fait ses armes à l'AC Millas et ses coéquipiers ont très vite compris qu'une passion venait de naître. Traversées, semaines fédérales ou de club, brevets et séjours en France et ailleurs, on perd le compte de ses participations.

Gaëtan a, lui, une hérédité de baroudeur puisqu'en 1932 déjà, son père avait traversé Italie et Afrique à vélo pour gravir le Kilimandjaro (5 963 m) en solitaire. Une expédition à l'époque, vu les moyens et conditions ! Bon sang ne saurait mentir. Son carnet de route en fait preuve.

6 à 10 heures par jour

Pékin-Paris-Londres, c'est 14 090 km en cinq mois à vélo, certains cols à 4 000 m, températures extrêmes, pistes embourbées ou neigeuses, déserts. Certains penseront qu'il faut être un peu "dérangé" pour souscrire à un tel défi, même pour des "fesses" endurcies. Mais on sait que le cyclotourisme est une école d'endurance et d'abnégation. Certes, il ne s'agit pas de compétition, mais plus qu'un voyage touristique, c'est une expédition au plein sens du terme. Il faudra tenir la distance jour après jour, quelles que soient les conditions du moment (relief, température, revêtements…), affronter tous types de terrain et de pistes, des variations climatiques extrêmes, supporter l'altitude, s'astreindre à six à dix heures quotidiennes de selle, accepter parfois des conditions matérielles spartiates à l'arrivée. A tout cela, on peut ajouter les aléas et les caprices de la vie collective qui, malgré toutes les précautions prises, peuvent naître dans les moments de fatigue, de découragement ou même d'insécurité. De plus, chacun sera sollicité pour participer à des tâches matérielles immédiates malgré la fatigue : au contraire d'un consommateur, il faudra devenir acteur au service de la collectivité.

Les deux regroupements préparatoires ont précisé l'éthique collective et la déontologie de l'expédition, le rôle pour chacun d'ambassadeur de la France et l'esprit de cette aventure en ce qu'elle revêt de sportif, de touristique, de socioculturel et de fusionnel pour le groupe.

L'aventure est lancée. Michèle et Gaëtan savent très bien qu'il faudra savoir s'adapter, parfois serrer les dents car les événements et les éléments rencontrés ne seront pas toujours ceux imaginés ou projetés. Le mental sera souvent primordial et plus exigeant que les qualités sportives.

"L'objectif n'est pas la performance", souligne Gaëtan. "Nous ne sommes pas des gens exceptionnels, nous avons aussi mal aux jambes parfois", renchérit Michèle. "Ce sera avant tout une question de volonté", affirment-ils d'un commun accord. Souhaitons "bon vent" à ces deux aventuriers et à ce groupe "de gens ordinaires qui vont vivre des choses extraordinaires" selon l'expression consacrée à la FFCT.

L'expédition en bref :

93 engagés : 80 cyclos de 42 à 75 ans, dont 19 femmes; 13 membres pour la logistique dont 4 à vélo ; médecin, mécano ; 3 récidivistes de Paris-Pékin ; 2 belges ; 4 canadiens ; 4 chinois ; 7 régionaux dont 2 catalans (les 2 millassois).
14 090 km à vélo en 5 mois (Avril à Août) ;127 étapes de 60 à 170 km ; 24 journées de repos et visites.
Randonneuses identiques pour tous ; saccoches av et ar ; cadre acier ; fourche carbone ; pneus VTT ; développements : 50 x 39 x 24 par 12 à 27.
14 pays traversés : Chine (2 mois) ; Kirghizistan ; Oubékistan ; Kazakstan ; Russie ; Ukraine ; Moldavie ; Bulgarie ; Roumanie ; Hongrie ; Autriche ; Allemagne ; France ; Angleterre.
Renseignements et compléments , suivez l'expédition sur www.ffct.org.
FFCT : Fédération Française de Cyclotourisme ; 120 000 adhérents.


Le road book

Départ du stade olympique de Pékin le 1er avril puis 54 étapes pour rallier la frontière Kirghizie entre Noura et Sary-Tash le 2 juin.
23 étapes au Kirghizstan et au Kazakhstan dont une liaison ferrovière de 1096 km.
Passage de la frontière russe le 29 juin entre Ganyushkino et Astrakan, au nord de la mer Caspienne. Puis neuf étapes pour rallier la mer Noire à Krasnodar.
Passage en Ukraine en ferry le 9 juillet à Kerch puis direction Odessa pour rallier la Roumanie via la Moldavie le 19 juillet (10350 km parcourus).
Attaque du dernier tiers le long de la frontière entre la Roumanie et la Bulgarie puis remontée vers la Hongrie (arrivée à Szeged le 2 août). Sont ensuite au menu Vienne (Autriche), Passau, Ulm (Allemagne), Kingersheim, Vesoul Troyes, Paris, Dieppe, le ferry jusqu'à Newhaven et enfin, Londres le 28 août.