14.06.2012

Une artiste catalane à Paris

millas, Katia Fondecave, galerie Armonti, île saint-louis, Katia Fondecave dans son atelier. Juste de retour de son vernissage parisien.  © Photo Harry Jordan

Sur un meuble de l'atelier millassois, une palette primaire s'encroûte, témoin d'une époque révolue de la peinture de Katia Fondecave. Aux murs, ses jazzmen ocres, saisis dans la lumière fugace d'un moment musical. Tempo à tempera. C'est dans cette technique que l'artiste dit avoir trouvé son chemin pictural, après plusieurs années à se chercher. "J'ai délaissé la couleur pour fabriquer moi-même mes pigments. Je travaille d'abord les fonds pendant des mois ; le fond doit m'apparaître comme un tableau abstrait. Ensuite, je pose la tempera et les glacis". Des sujets - portraits pour l'essentiel - qu'elle installe dans la toile après plusieurs dessins préparatoires à l'acrylique.

De Millas à l'île Saint-Louis

De la couleur aux valeurs, donc. Une monochromie à la quête de la lumière, en disciple de Rembrandt, Vermeer ou le divin Caravage. Son travail, qu'elle a récemment mis en ligne, a été remarqué fin janvier par une galerie parisienne de l'île Saint-Louis.

Du 4 au 16 juin, la galerie Artmonti expose ainsi 12 toiles de Katia Fondecave sur le thème des musiciens de jazz, des portraits réalisés à partir de photos noir et blanc qu'elle projette sur grand écran pour en saisir toute la lumière, les volumes et l'émotion. Quelques-uns de ses tableaux resteront en exposition permanente dans la galerie de Christophe Mahfouz jusqu'en février 2013.

Cette proposition fut une belle surprise pour l'artiste catalane qui n'a exposé qu'une fois en 20 ans, à la galerie des Hospices de Canet-en-Roussillon en 2010. Trop occupée à peindre et à transmettre son savoir au sein de l'association L'atelier couleurs ou de l'école primaire de Millas. "C'est agréable le regard d'inconnus sur ma peinture. Je le prends comme une aventure excitante, un premier pas". Sur le chemin d'une future carrière ? Isabelle Goupil