04.02.2011

Cadavres de Millas : les victimes d'un tueur en série allemand ?

millas,tueur en série,enquête,bka,interpol,europol,gendarmerieL’enquête sur les deux inconnus, un père et son fils, découverts enroulés dans des tapis orientaux du côté de Millas en novembre 2010 semble avancer. Après la piste italienne, c’est désormais vers l’Allemagne que les investigations se concentrent. Là, même où huit Turcs ont été exécutés entre 2005 et 2008.

L'appel a témoin lancé lundi par la gendarmerie, accompagné des portraits reconstitués des deux inconnus, père et fils, assassinés et retrouvés en novembre dans le secteur de Millas (reproductions ci-contre), commencerait-il à porter ses fruits ? Après la piste sicilienne, et les recoupements effectués avec la disparition de deux entrepreneurs, père et fils, de Palerme depuis 2007, les enquêteurs orienteraient désormais leurs recherches vers l'Allemagne.

Selon les premiers éléments, la totalité des vêtements et sous-vêtements portés par les deux hommes ont été achetés en Allemagne, ainsi que les serviettes et draps trouvés avec leurs corps. De plus, les tapis dans lesquels leurs cadavres avaient été emballés, liés à des sacs de gravats à l'aide de ruban adhésif, auraient vraisemblablement la même provenance. 95 % de ces tapis étant vendus en Allemagne.

Si les victimes ne sont pas nécessairement de cette nationalité, elles ont au moins vécu Outre-Rhin, estime-t-on du côté des enquêteurs, qui misent beaucoup sur l'appel lancé dans les pays de l'Est et la Turquie.

Huit Turcs assassinés

Le BKA (police fédérale allemande) collabore d'ailleurs déjà étroitement avec les gendarmes de la section de recherches de Montpellier et du groupement des P.-O, sur cette enquête.

Et ce, en vue d'éventuels rapprochements avec l'affaire d'un tueur en série qui, en Allemagne, a tué huit ressortissants turcs entre 2005 et 2008 avec des pistolets 7,65. Le même calibre que celui utilisé pour exécuter les deux hommes découverts à Millas.

Néanmoins, à partir de la reconstruction de leur visage, les deux inconnus ne semblent pas présenter un profil de type turc. Ont-ils été quand même la cible du tueur en série ? Cette piste apportera-t-elle un début de réponse ? Pour l'heure, il demeure impossible de faire le lien avec un cas de double disparition, où qu   e ce soit dans le monde. Rien qui puisse correspondre avec ces hommes, respectivement âgés de 50 à 60 ans et de 35 à 40 ans, de 80-85 kg, mesurant 1,71 m pour le premier et 1,79 m pour le second, tous deux roux et vêtus dans un style sport,   Selon nos sources, les enquêteurs ont déjà reçu de nombreux appels suite à la diffusion des portraits. Autant d'hypothèses, aussi fantaisistes soit-elles, à vérifier.  

Toute personne susceptible de fournir des renseignements est priée de contacter le +33 4 68 66 44 33 ou, par internet, Hompo66@gmail.com. Les photos sont disponibles sur le site : http://www.gendarmerie.defense.gouv.fr/judiciaire

Laure Moysset

01.02.2011

Les portraits reconstitués mais le mystère demeure

millas, portrait, mystère, enquêteur, gendarmerie, jean-pierre dreno, motpellier, interpol, europol, information judiciaireC’est fait ! Les enquêteurs ont réussi à mettre un visage sur les deux hommes dont les cadavres ont été retrouvés le 25 novembre dernier à Millas et Corneilla-la-Rivière. Ces portraits reconstitués ont été révélés officiellement hier par le procureur de Perpignan Jean-Pierre Dreno et les responsables des unités de gendarmerie de Montpellier et des P.-O. chargés de l’enquête, qui « fondent beaucoup d’espoir » sur leur diffusion à l’échelle mondiale afin de pouvoir aussi, enfin, donner un nom aux victimes.

Rappelons que les deux hommes, père et fils selon les expertises ADN, âgés de 35 à 40 ans et de 50 à 60 ans, ont été exécutées d’une balle dans la tête de calibre 7.65 et enroulés dans des tapis orientaux et des sacs de gravats en plastique liés par du ruban adhésif. De trois à sept jours avant d’être découverts à 3 km de distance sur des chemins non carrossables.

Or, rien, aucun document en leur possession, aucun signe particulier n’a permis depuis lors leur identification. Et ce, malgré les recherches qui se poursuivent sans interruption. Malgré les comparaisons avec l’ensemble des signalements de disparitions, dont aucun ne correspond pour l’heure au profil de ces cadavres. Malgré les recoupements avec les fichiers d’empreintes digitales et avec la cinquantaine de fichiers d’empreintes génétiques existants au niveau international, dans tous les pays de l’espace Schengen et au-delà. Sur une trentaine de pays contactés via Interpol et Europol, une dizaine (Espagne, Allemagne, Danemark, Autriche, Bulgarie, Pologne, Roumanie...) ont déjà renvoyé une réponse négative. Les messages lancés au Royaume-Uni, en Belgique, en Biélorussie, à Chypre, en Estonie, en Finlande, en Hongrie, en Suisse et au Portugal, ne sont toujours pas revenus.

Une information judiciaire ouverte

« Il faut dire que dans les fichiers ne figurent pas que des honnêtes gens. L’immense majorité des concitoyens n’est pas fichée. Il est assez étonnant dans le cas d’un père et d’un fils que l’on n’ait pas d’avis de recherches mais peut-être qu’il y a un service, quelque part, qui a une affaire qui correspond et qui n’a pas encore fait le lien », ajoute le procureur qui a annoncé, au vu des indices relevés, l’ouverture imminente d’une information judiciaire contre X pour « assassinats ».
Dans l’attente, restent donc ces portraits élaborés à l’aide d’un logiciel spécifique par les gendarmes de l’IRCGN de Rosny-sous-Bois et reconstruits à partir des photographies des dépouilles car tuméfiées et rendues méconnaissables par des lésions très importantes. Ces photos seront publiées le plus largement possible par voie de presse et mises en ligne sur le site gendarmerie.defense.gouv.fr/defense, accompagnées d’une description des victimes et de leur tenue vestimentaire ainsi que de contacts (0033468664433 de l’étranger et 04 68 66 44 33 depuis la France ; mail : Hompo66gmail.com). « Cela est fait pour que les enquêteurs puissent être contactés en cas d’identification des deux hommes par un service de police ou de gendarmerie étranger mais également par des témoins ou toute personne susceptible de fournir des renseignements pouvant nous aider », précise le lieutenant-colonel Noyau, commandant de la section de recherches de Montpellier.
« L’enquête ne piétine pas », insiste Jean-Pierre Dreno. Des expertises ADN de prélèvements faits sur les tapis qui recouvraient les corps, sont en cours. De même, les empreintes dentaires des victimes ont été diffusées via des revues professionnelles spécialisées et pourraient permettre de déterminer la zone géographique où se situe le prothésiste qui a pratiqué ces soins « de qualité standard ». « En règle générale, on arrive à identifier les cadavres. Parfois au bout de 6 mois. Le taux d’élucidation est de 99 % en matière criminelle. Sur 18 crimes de sang commis sur le département l’an dernier, 16 ont été résolus. Il nous reste ce double assassinat. Mais, il faut parfois du temps...»

Laure Moysset