07.07.2010

Une zone inondable qui fait encore débat

Le Boulès pourrait-il un jour déborder ? La réponse de la préfecture est "oui" et veut limiter les constructions. Les riverains ne sont pas d'accord.

1531905943.jpgDix-neuf propriétaires de la zone Los Alous Fontfrède au nord de la rivière du Boulès ne sont pas contents. Pensez donc, leurs terrains agricoles étaient passés il y a une dizaine d'années en zone constructible, la mairie ayant pour ce secteur de 20 ha de gros projets d'urbanismes. Puis en août 2008, ils apprennent que la DDT (Direction départementale des territoires, ex DDE) préconise de classer ce secteur en zone inondable. Plus question donc d'imaginer sur les terrains des maisons et des villas comme prévu. "Nous ne comprenons pas que les autorités classent la zone dans le cadre de la prévention des risques, assure Jean Lacaze président de l'association qui regroupe les propriétaires. Les techniciens s'appuient sur les grandes inondations de 1940 pour estimer que le Boulès qui passe non loin des terrains pourrait de nouveau déborder, ce qui pour nous est une aberration". Il est vrai que dans le contexte récent des inondations dernièrement dans le Var, des constructions en zone sensible ne sont pas les bienvenues. Mais les riverains ont des arguments pour contrer les préconisations de la préfecture.

Terrains pré-vendus, actes annulés

"Lors de l'Aïgat de 40, poursuit Monique Taulet la secrétaire de l'association, si Millas a été touchée, ici il n'y a pas eu de dégâts. Tout c'est passé au sud de la zone. De plus depuis ces années, de nombreux aménagements ont été réalisés comme l'agrandissement du pont de la route de Corbère, alors franchement des risques il y en a pe u". Le souci c'est que beaucoup de propriétaires avaient déjà pris des contacts avec des promoteurs. Certains ont même reçu des avances sur la vente de leurs parcelles, et comme aujourd'hui tout est bloqué, leur situation est préoccupante, les fonds doivent maintenant être restitués. "L'autre problème, analyse le président de l'association, c'est que la ville avait beaucoup misé sur ces aménagements urbanistiques, et avait même engagé de grosses sommes (on parle de 280 000 euros) dans les études et les projets. Ces habitations devaient assurer aussi des revenus pour la commune, cela va être difficile pour la ville de se passer maintenant de ce projet". Seule concession faite aux riverains, la DDT accepte de juger au cas par cas et sur le terrain de la situation afin d'affiner le zonage. Une réunion avec la mairie, les riverains et les autorités concernées devraient être d'ailleurs organisée prochainement, le projet définitif devant être finalisé dès le début de l'an prochain. En attendant l'association fait circuler une pétition dans les commerces de la ville pour faire connaître la situation. "Nous ne sommes d'ailleurs pas les seuls concernés, confie Jean Lacaze, le même cas de figure de zones inondables est en passe du côté de Bouleternère et pour ce qui est de la Têt, Corneilla et Pézilla sont dans la même situation". Denis Dupont