11.08.2009

Leal, Guillon, Sergio Flores et Jean-louis Darret a hombros

Leal,-Guillon,-Sergio-Flores-et-Jean-louis-Darret-a-hombros.jpgToreros et ganadero porté a hombros

Longtemps incertaine en raison des violents orages qui s’étaient abattus toute la journée sur le département des Pyrénées-Orientales et à  Millas depuis le midi, la novillada des fêtes a finalement pu avoir lieu grâce à la clémence des cieux qui arrêtèrent l'averse une heure avant le paseo, et grâce aussi à l'équipe des areneros chargés de préparer la piste.

DSC_9335.jpgFurent lidiés cinq novillos précieux du Camino de Santiago, bas et bien faits, ronds et armés par devant, mobiles et braves, à l'exception du dernier qui marqua une préférence pour les planches, et tous nobles, et un du Laget, venu en remplacement, armé large et rugueux du début à la fin de sa vie publique.

DSC_9308.jpgMarco Leal toucha en premier un colorado extra de noblesse et d'allant auquel il servit une faena enthousiaste dont les meilleures séquences furent sur le côté droit. Une entière et une oreille. Son second, un costaud très noble, prit trois piques et Marco réédita une faena pimpante qui mit les gradins en joie. L'estocade un peu tombée le priva d'un double trophée, mais pas d'une oreille synonyme de sortie a hombros.

DSC_9399.jpgAprès Mont de Marsan et Villeneuve oc, il avait paru en dedans de ses possibilités, la question se posait de savoir si Mathieu Guillon était capable de se dépasser dans des circonstances difficiles. Le sérieux client du Laget sorti en cinquième position lui en offrit l'opportunité et Mathieu ne la laissa pas passer. Mettant toute son habileté, qui est grande, au service d'une lidia défensive d'abord puis plus ambitieuse, il fit front crânement, s'imposa, vola le peu que le dur à cuire consentit à lâcher, et s'en débarrassa d'une épée entière. Le public, conquis par sa vaillance, l'invita à une vuelta très fêtée. Face au second de la tarde, un loukoum pur sucre, il toréa comme il sait, avec gracia et desparpajo, pellizco et légèreté. Quelques véroniques, une grande media du bout des doigts, une poignée de naturelles et deux pechos enveloppées furent de haut niveau. A Séville la musique aurait joué. Elle joua aussi à  Millas et l’épée entière fit légitimement tomber deux grosses oreilles.

DSC_9477.jpgPour sa présentation européenne en piquée, Sergio Flores n'a pas déçu les aficionados avisés qui avaient fait le déplacement. Face au lot le moins propice - deux novillos nobles de Darret dont le premier fut un poil faible car trop piqué et le second mansote cherchant la moindre issue pour s'y glisser- il fit preuve d'un sens du temple et du rythme qui n'eurent pour égal que sa faculté à rester quieto et à  aguanter toutes les charges. Un futur grand... si les petits cochons du mundillo ne le dévorent pas prématurément. Conscient de devoir couper les deux oreilles du dernier pour accompagner ses deux compañeros français a hombros, il se jeta littéralement sur le morillo et laissa une entière dont il ressortit taleguilla en lambeaux, à l'image de son compatriote Adame qui voici quatre ans, lors de sa présentation en piquée aussi dans ces mêmes arènes avait eu moins de chance, l'accrochage, pour les mêmes raisons, se soldant par une cornada importante. Retenez son nom : Sergio Flores. Quatre cinquième d'arènes, public ravi ovationnant les trois toreros et le ganadero a hombros. Bravo !

31.08.2008

Marco Leal a hombros, cornada pour Tomasito.

leal.jpgHomogène et typée, la novillada des frères Jalabert aurait pu se solder par un triomphe général...
Seul Marco Leal est sorti a hombros (porté triomphalement) au terme d'une tarde prenante au cours de laquelle, en raison de la blessure de Tomasito, il tua trois novillos, coupant l'oreille de son second et les deux du dernier combattu à la place de son jeune compañero.
Puerta gayola initiale , bel engagement aux banderilles, présence de chaque instant face à chacun des trois novillos, Marco fit étalage d'une ambition du meilleur aloi et le public le remercia chaleureusement de sa conscience professionnelle d'autant que face à son premier, glissant à la sortie d'une paire de banderilles, il fut sérieusement accroché et l'échappa belle, sa taleguilla terminant en lambeaux.
Miguel Angel Delgado aurait probablement coupé trois oreilles en tuant moins mal.
Sa facilité est évidente, de même que son talent, mais c'est après être resté un peu en dedans du bon second qu'il donna sa réelle mesure face au meilleur cinquième. Avec un poil de nonchalance en moins et un peu plus de conviction, il est un sérieux espoir de relève, à condition de tuer mieux.
Tomasito resta pratiquement inédit, se faisant prendre dès la première série de derechazos, par son premier adversaire qui lui infligea au sol une cornada d'une quinzaine de centimètres au niveau de l'aine avec trajectoire ascendante mais heureusement superficielle.
Paraissant éteint à la sortie des piques, ce novillo reprit du poil de la bête durant le tercio de banderilles qu'il termina en patron.
Blessé, Tomasito eut le pundonor de porter l'estocade après s'être fait poser un garrot, et avant de passer à l'infirmerie d'où, après exploration de la blessure, il fut évacué vers l'hôpital de Perpignan qu'il quitta trois heures plus tard sous sa responsabilité pour aller se faire soigner à Nîmes.
Du lot des frères Jalabert, il convient de distinguer les seconds pour leur noblesse, quatrième et surtout les deux derniers. Le premier fut compliqué, et le troisième déconcertant.
Des gradins bien remplis et un grand beau temps ont servi un beau spectacle qui a ravi le public.