18.03.2014

A Millas, la présidente du FN a une villa mais pas de liste

Pourquoi Marine Le Pen et son compagnon Louis Aliot ont-ils acheté en 2010 près de Perpignan, où ce dernier est candidat, une villa dans le "village rouge" de Millas ? Ses habitants s'interrogent.

Millas, ce village paisible où Marine Le Pen et Louis Aliot possèdent une maison (Photo: Fabien Palem)

► Millas, ce village des Pyrénées-Orientales où Marine Le Pen et Louis Aliot possèdent une villa. Photo: Fabien Palem

L’achat d’une résidence dans une commune peut être un moyen efficace de s’immiscer, en douceur, dans la politique locale. Cela fait quatre ans que Marine Le Pen et son compagnon Louis Aliot, respectivement présidente et vice-président du FN, sont propriétaires d’une modeste villa dans le village de Millas, à 20 km de Perpignan. « Quand ils ont acheté la villa, on a trouvé ça bizarre, on s’est dit qu’ils avaient des arrières pensées », confie une commerçante. Mais depuis quatre ans, aucune liste d’extrême droite n’a vu le jour dans ce petit village des Pyrénées-Orientales (P.-O.). Pour certains Millassois, comme Cyrille Bonnet, le boulanger du village, il n’y a aucun risque que cela arrive. « Ils préféreront toujours s’implanter à Perpignan, considère le commerçant. J’ai du mal à les imaginer se lancer dans le combat pour un petit village comme Millas. »

A l’époque de leur achat immobilier, les deux intéressés avaient démenti les arrière-pensées électorales qu’on leur prêtait : « L’achat de cette maison relève strictement de ma vie privée, (...) et je ne contribuerai pas à nourrir une quelconque curiosité à cet égard », avait déclaré Marine Le Pen au journal L’Indépendant.

Quant à Louis Aliot, conseiller régional de Languedoc-Roussillon depuis 2010, il est candidat et « pleinement investi à Perpignan ». Ce natif de Toulouse assure que leur arrivée à Millas s’est faite « par hasard ». Il ajoute : « Si une initiative du parti était prise, je la soutiendrais. Mais je ne serai pas candidat à Millas »

Dans le village, l’achat de cette villa est passé quasiment inaperçu mais les voisins n’ont pas oublié l’incident qui avait eu lieu en mai 2012, à trois jours du second tour de l’élection présidentielle. La grille d'entrée de la propriété avait été cadenassée par des inconnus, qui avaient déposé dans la boîte aux lettres des tracts parmi lesquels, selon Le Midi Libre, une affiche représentant un pied écrasant une croix gammée, estampillée de la phrase: « Vous n'avez pas le monopole du drapeau ».  « Depuis l’incident, une patrouille s’est mise à faire des rondes régulières et passe parfois quand la maison est vide. » indique une voisine de la propriété.

“Un village de gauche”

Souvent montré du doigt pour ses difficultés à former des listes électorales, le parti d’extrême droite en présente douze dans les Pyrénées-Orientales, qui compte 226 communes. Il sera de la bataille dans les trois plus grandes communes du département (Perpignan, Canet-en-Roussillon et Saint-Estève) ainsi que dans des communes plus modestes. Dans la ville du Soler par exemple (6 600 habitants), située dans le canton de Millas, la candidate FN, Marie-Hélène Pelras, ne doute pas de son succès : « Nous gagnerons la mairie. Les Solériens en ont assez du clientélisme, des passe-droits, de la dette. » Proche du couple Le Pen-Aliot, elle considère que leur présence à Millas participe à la dédiabolisation du parti: « Marine Le Pen va faire ses courses dans le village, comme une ménagère quelconque. Les gens la voient et peuvent l’aborder. Localement, le nom de Marine Le Pen nous sert à tous. »

MILLAS CAFE

► Au café du village, on a jamais croisé le couple frontiste. Photo: Fabien Palem.

Alors pourquoi pas de liste FN à Millas ? Si le parti d’extrême droite s'y fait discret, c’est surtout parce qu’il sait que les Millassois ne sont pas près à virer de bord. Depuis plus de trente ans, cette commune de 4 000 habitants est le fief de la gauche locale. Une forteresse imprenable. Sénateur et président du conseil régional du Languedoc-Roussillon depuis 2010, Christian Bourquin (divers gauche après avoir été exclu du PS en 2010 suite à son ralliement à Georges Frêche), a été maire de Millas de 1995 à 2001. Sa compagne, Damienne Beffara, lui a succèdé à la tête de la municipalité en 2001 et brigue un troisième mandat. Face à la maire sortante, le candidat Jacques Garsau (divers droite, sans étiquette) pourrait bénéficier du vote frontiste : Louis Aliot parle d’un « garçon courageux » et Marie-Hélène Pelras lui apporte son soutien officiel.

Au café situé à l’entrée de Millas, le jeune barman, qui a grandi dans le village, ne voit pas comment le FN pourrait faire irruption dans ce « village de gauche». Les quelques habitués présents disent quant à eux n’avoir jamais croisé Marine Le Pen et son compagnon.

A environ 150 mètres de là, se trouvent la « rue rouge » et le quartier éponyme. C’est ici que vivent plusieurs des grandes familles gitanes catalanes. Sédentarisée dans les environs depuis des siècles, la communauté représente plus de 10% de la population millassoise. Conscient du poids électoral qu’elle représente, le PS a toujours soigneusement entretenu ses rapports avec elle. Cet après-midi-là, un petit groupe discute autour de la table d’un local associatif. Aucun des Gitans présents dit n’adhérer aux idées du FN, car « voter pour le FN, c’est voter contre le social, s’exclame l’un deux. Et nous les Gitans, nous vivons du social ! ». Enfin, tous s’accordent à dire que la présence du couple frontiste dans le village les laisse indifférents. « Au début, on a pensé que si Le Pen venait ici c’était pour des raisons politiques, une manière de venir titiller Christian [Bourquin]. Mais Millas est à gauche et ça ne changera pas », assure ce Millassois. Fabien Palem (Monde Académie)

03.05.2012

La villa de Marine Le Pen et Louis Aliot étrangement "visitée"

Photo d'illustratonPhoto d'illustraton  © D.R.

A trois jours du second tour de la Présidentielle, à Millas la villa de Louis Aliot et de Marine Le Pen (le couple FN), a fait l'objet d'une bien étrange "visite".

Ce jeudi matin, en effet, un témoin, a priori l'employé charger de la surrveillance du pavilllon, a signalé plusieurs anomalies. La grille d'entrée de la propriété, habituellement fermée à clé, avait été cadenassée par des inconnus qui ont également déposé dans la boîte aux lettres de la maison des tracts comportant un message revendicatif.

Entre autres, selon nos confrères de Midi Libre, une affiche répresentant un pied qui écrase une croix gammée. Photo taggée de l'inscription : "Vous n'avez pas le monopole du drapeau".

17.01.2011

Politicorama

La présidente habite Millas

C'est sans surprise que Marine Le Pen a succédé hier à son père à la tête du Front national. Et c'est donc la désormais présidente du FN qui est propriétaire d'une demeure à Millas, achetée avec son compagnon Louis Aliot. Ancien conseiller municipal d'opposition à Perpignan, Louis Aliot, conseiller régional FN, a installé son cabinet d'avocat boulevard Wilson et est candidat aux cantonales sur le canton de Perpignan 9/Bas-Vernet. Y verra-t-on Marine Le Pen le soutenir pendant la campagne ?

Bourquin en campagne avec le poing et la rose
 

Au culot. Christian Bourquin, toujours pas réintégré au Parti socialiste, n'a pas hésité une seconde avant de ponctuer son nom, sur la propagande de campagne pour les cantonales, par le sigle du PS. Le poing et la rose s'affichent donc ostensiblement sur tous les tracts et documents qui vont être largement distribués dans les cinq départements de la région. Un peu à la manière d'un Georges Frêche qui construisait des lycées alors que le ministère de l'Education refusait de créer des postes d'enseignants.   « On fera le lycée et quand il sera fait, ils ne pourront pas faire autrement que d'y mettre des enseignants », disait feu le président de région. Pas de doute, Christian Bourquin a été à bonne école. D'abord le poing et la rose, ensuite Solférino   « pour les 58 exclus ou pour personne ».

Aux vœux en bus

Christian Bourquin présidera, demain soir à Montpellier, sa première cérémonie des vœux en tant que président de Région. Et il entend bien que les Catalans soient largement représentés dans le palais des expositions de Montpellier.

Pour faciliter leur voyage, des navettes gratuites sont mises à disposition par la Région au départ de Perpignan, Mont-Louis, Prades, Ille-sur-Têt, Millas, Argelès et Le Boulou. Un dispositif unique dans la région :   « C'est une expérience testée cette année sur les P.-O. car il y a eu une demande et qui pourrait, selon les résultats, être généralisée à l'ensemble des autres départements l'année prochaine », déclare-t-on à la Région.

En attendant d'être transportés par des TER à 1 euro, les supporters de Christian Bourquin ont déjà mobilisé trois bus.   « La demande est très forte du côté de Millas, d'Ille mais aussi de Perpignan », livrait hier la Maison de la Région de Perpignan, chargée des réservations. Le coût de ces transports sera supporté par le conseil régional.

Bourquin à Biarritz

On ne sait pas s'il ira en bus mais Christian Bourquin sera à Biarritz le 27 janvier pour soutenir l'USAP. Le club catalan (10e du Top 14) y affrontera les Basques du Biarritz Olympique (5e) dans leur antre d'Aguiléra.

Ce que touchent les élus de l'Agglo
 

La dernière séance du conseil de communauté aura été l'occasion pour l'assemblée de voter les 'indemnités des élus'. Où l'on apprend que le président de Perpignan Méditerranée communauté d'agglomération, Jean-Paul Alduy, touche chaque mois 2 280 euros bruts, les vice-présidents (tous les maires + 7 non maires), 1 710 euros bruts et les conseillers communautaires 228 euros bruts.
  
F. Michalak 

13.09.2010

Marine Le Pen achète à Millas : "Cela relève de ma vie privée"

433_@LEPEN345980.jpgMarine Le Pen et Louis Aliot, le couple fort du FN, achetant une maison dans le fief même du président PS du conseil général, cela peut prêter à sourire. Et susciter aussi des questions d'ordre politique que nous avons posées aux principaux intéressés.

L'achat d'une maison avec jardin à Millas, par Marine Le Pen et Louis Aliot, ne peut manquer de faire parler, supputer, envisager, imaginer, ce qui agace profondément M me Le Pen qui nous a déclaré : "J'ai été très fâchée de la divulgation de cette information. L'achat de cette maison participe strictement de ma vie privée, je viendrai y passer quelques week-ends et quelques vacances, il n'y a rien là d'extraordinaire et je ne contribuerai pas à nourrir une quelconque curiosité à cet égard." D'accord, reçu cinq sur cinq, on ne demandera pas la couleur du papier peint du salon.

Mais Marine Le Pen n'est pas la première people venue. C'est une femme politique, appelée - en principe - à succéder à son père au début de l'an prochain, et qui tout en suivant sans dévier le sillon frontiste n'en a pas moins modernisé et rendu plus accessible l'image de son parti. Par voie de conséquence, elle pourrait être amenée à jouer un rôle important dans les prochaines échéances électorales, et cela tout le monde le sait. Alors on peut bien vouloir faire dans la discrétion et la réserve, Marine Le Pen dans notre département, voilà qui n'est pas anodin !

Louis Aliot y habite Toutefois, la future première dame du FN est déjà nantie de mandats à l'autre bout de la France, dans le Nord Pas-de-Calais et ne manque pas de rappeler : "Je n'ai pas l'intention de me lancer dans quoi que ce soit dans votre département. Je suis conseillère municipale à Hénin-Beaucourt, conseillère régionale du Nord Pas-de-Calais, et députée européenne". Effectivement... Mais pas question d'oublier que l'acquisition de la maison de Millas s'est effectuée par le truchement d'une SCI, dans laquelle on trouve Louis Aliot, ex-secrétaire général du FN, qui milite activement pour que Marine prenne la suite de Jean-Marie Le Pen. Louis Aliot, qui reconnaît habiter la maison de Millas et vient d'installer son cabinet d'avocat à Perpignan, n'est pas un inconnu en ville (même si la ville est encore assez peu connue de lui). En effet, lors de l'élection municipale de 2008, il fut élu conseiller municipal d'opposition. Si l'élection de 2009 ne le vit pas en capacité de réintégrer les bancs de la salle Arago, en revanche il a mené la liste FN pour les P.-O. aux dernières élections régionales, et a été élu.

Cap sur les cantonales
Même si M me Le Pen n'a pas besoin de sa nouvelle résidence de Millas comme base de lancement politique pour elle-même, nul doute qu'elle lui servira de QG pour soutenir les combats électoraux à venir de son compagnon. Et le premier rendez-vous sera celui des cantonales de mars 2011, où M. Aliot confirme bien vouloir se présenter sur le Bas-Vernet à Perpignan. Un canton qui sera regardé avec attention, car face à Louis Aliot l'UMP a donné son investiture à Jean-Louis de Noëll. Or, pendant son bref passage au Front National dont il avait été secrétaire départemental (entre 1994 et 1997), Jean-Louis de Noëll avait cultivé un FN modéré, dans la ligne de Pierre Sergent, et avait frôlé l'Hôtel de ville aux municipales de 1995. Ralliant l'UMP dès sa création, malgré quelques années de silence De Noëll continue à bénéficier d'une image forte à droite, ce qui n'a pas échappé à l'UMP. Quant à la gauche, elle a toujours tiré avantage des triangulaires imposées par le FN. Le duel au Bas-Vernet sera donc serré, et déterminera sans doute l'avenir politique de Louis Aliot à Perpignan. Car, après les cantonales, il y aura aussi des élections municipales, et nul doute que le FN voudra faire autre chose que de la figuration comme en 2009. Là encore, il serait étonnant que Marine Le Pen en personne ne vienne appuyer Louis Aliot, s'il est tête de liste comme on peut le penser. "Je soutiendrai Louis Aliot comme je l'ai fait pour tous les autres candidats, c'est mon rôle, et si je suis présidente du Front National je serai d'autant plus à leurs côtés", acquiesce Marine Le Pen. Pas la peine de jeter des regards indiscrets par-dessus le mur de la maison de Millas, ni de faire de la politique fiction, pour penser que l'on devrait voir Marine Le Pen dans notre département, pas plus tard que bientôt. Josianne Cabanas

Damienne Beffara, maire PS de...

Damienne Beffara, maire PS de Millas : "Je ne suis pas étonnée. Millas est le plus joli village ! Je ne crois pas que Marine Le Pen ait d'intention politique, elle est une citoyenne comme les autres avec des droits et des devoirs, dont le droit au respect de la vie privée".

Christian Bourquin, président PS du conseil général : "Ce n'est pas un événement. Je rappelle que les P.-O. accueillent 6 000 nouveaux habitants chaque année, alors pourquoi pas Marine Le Pen ?"

François Calvet, député UMP de la circonscription : "Je n'ai pas de réaction à avoir, ça ne m'intéresse pas puisque ça relève de sa vie privée. Des ministres ont bien acheté des maisons dans le département et personne ne s'en est ému."

01.09.2010

Marine Le Pen achète une maison à Millas

lepen_marine.jpgMarine Le Pen achète une maison à Millas, un investissement réalisé avec Louis Aliot, leader local et régional du Front National et ancien secrétaire général de ce parti. Louis Aliot a prêté serment en mai dernier et installé son cabinet d'avocat à Perpignan. Marine Le Pen ne brigue pour l'instant aucun mandat local, puisqu'elle se prépare à remplacer son père Jean-Marie Le Pen à la tête du FN, si elle parvient à battre Bruno Gollnisch, lui aussi prétendant à la succession. Il faut donc s'attendre, dans les semaines qui viennent, à croiser Marine Le Pen dans les P.-O..

Pour l'anecdote, rappelons que la ville de Millas et son canton sont le fief électoral de Christian Bourquin, le président socialiste du département.