28.02.2011

Millas s'impose sans la manière

Bousculée par une équipe de Rieumes plutôt joueuse, l'US Millas n'a arraché la victoire qu'en fin de match grâce à l'efficacité de son buteur Nicolas Ribes (21-15).

millas, rieumes, grando, hernandez, nicolas ribesAmrani, sous l'oeil de Hernandez, tente de déborder la défense de Rieumes.


Sur le papier, il ne faisait aucun doute que la machine à gagner « rouge et noir », carburant à l'envie, prendrait le dessus sur Rieumes. Il faut reconnaître qu'en première mi-temps, malgré un terrain gras dû à quelques « rufaques », la mécanique millassoise bien huilée concrétisa deux belles actions dans les cinq mètres des visiteurs. La première par un essai de groupe, conclu par Grando et le second par Hernandez, après un bon travail des avants, perçant la défense Rieumoise pour aplatir entre les poteaux. En face, dans la première période, les bleus durent attendre la sixième pénalité avant que leur buteur n'offre les 3 premiers points à son équipe (12-3).

N'abdiquant pas, les visiteurs honorèrent leur maillot et firent bonne figure face à la grosse écurie Millassoise. En plantant deux terribles banderilles coup sur coup, dès la reprise, à 3 minutes d'intervalles, sur deux courses de Danielou et Lannes, quittant leurs 22 mètres pour aplatir dans le camp adverse, ramenant ainsi les leurs au score et dans le match. N'hésitant pas à remettre l'ouvrage sur le métier quand il le fallait, les « rouge et noir » prétendaient encore à la victoire finale et se remirent sur les rails grâce à Nicolas Ribes, et son jeu au pied qu'il maîtrisait de mieux en mieux malgré le vent. Millas réussissant à revenir au score avec un drop de son 10 qui creusait l'écart avec deux pénalités successives (21-15).

En rendant une copie correcte, mais sans mention, il reste à savoir comment les hommes des deux Marc géreront leur match de dimanche prochain. Histoire que le petit Poucet ne se fasse pas croquer par l'ogre de la Côte Vermeille.millas,rieumes,grando,hernandez,nicolas ribes

19.11.2010

Nicolas Ribes veut à nouveau viser juste

1385238803.3.jpgDepuis deux matches (Elne et Rieumes), Nicolas Ribes a remisé son adresse sur les clous, ses audaces, son costume complet pour une tenue plus rudimentaire. Il traîne sa misère et les mauvais songes. « C'est vrai, depuis ce derby du 25 octobre, je ne sais pas ce qu'il m'arrive. Je n'enquille plus rien. En deux-trois matches, j'ai dû laisser passer 24 ou 27 points, je ne compte même plus. C'est la première fois de ma carrière que je vis une telle période noire ». Depuis trois semaines, l'artificier en chef du Riberal, référencé comme l'une des plus fines gâchettes de Fédérale 3, vit à l'ordinaire. Alors chaque jour qui passe, le buteur millassois rumine sous un ciel d'orage. Ses amis Olivier Allègre, Philippe Alves, ses coéquipiers, ses entraîneurs Marc Juan et Marc Adroguer n'en finissent pas de le couvrir de tendresse. De le rassurer. Mais rien n'y fait. « Ils ont beau me réitérer leur confiance, il n'empêche que ces échecs coûtent des points à l'équipe ». Et dans la situation d'une USM qui lui doit tant depuis des années, toujours à la limite de la ligne de flottaison cette saison, le coup de pied de « Choco » est essentiel. Vital même dans sa quête du maintien. 

« Il est préférable que je me fasse tout petit »

Dans l'ombre aujourd'hui, l'électricien intérimaire, actuellement employé sur le chantier de la gare, titulaire d'un BEP comptabilité de 26 ans veut retrouver la lumière, refusant néanmoins de tomber dans la sinistrose, alors que ses statistiques flambaient comme des sous-neufs il y a encore quelque temps. « Rassurez-vous, je n'en fais pas des cauchemars. J'espère simplement que le bout du tunnel est proche », avance celui qui pointe toujours en tête des meilleurs marqueurs des clubs catalans de Fédérale avec 82 points. Autour du café, les mots sont triés, bien choisis. Il avoue avoir même longuement hésité avant d'accepter le rendez-vous. « Dans ma situation vous savez, il est préférable que je me fasse tout petit ». Le supporter du Barça culpabilise. « Ben c'est normal non ? Je sais qu'on compte sur moi. Avec davantage de précision, sans doute serions-nous revenus et de Rieumes (6-9) et de notre match face aux Illibériens (12-14) avec la victoire. Et c'était important pour l'équipe, le village... ». Il faut dire que le maillot de Millas, c'est comme une seconde peau pour ce célibataire, qui se définit comme un 
« solitaire ». Une peau d'amour surtout depuis l'âge de 5 ans où il choisit le rugby plutôt que le club de basket-ball où ses parents ont brillé jusqu'en Pro B (à Troyes). « Après sa carrière de basketteur, mon père (Jean-Paul, entraîneur des cadets aujourd'hui) s'est essayé au rugby à Millas où il a évolué aux côtés des Allègre, Duchant, Escande et autres Deprade, avant de finir à Collioure et Arles-sur-Tech, son village natal ».

«Millas un club unique»

Pour le rejeton, qui tâte de l'ovale de cuir avec ses copains, chaque dimanche derrière l'enbut, le virus est inoculé. Et excepté une pige de quelques mois aux Reichel de l'USAP et d'une saison à Thuir en Fédérale 2 « où je n'ai pas tout fait pour y réussir et qui me laisse un goût d'inachevé en travers de la gorge », cela fait près de deux décennies qu'il revêt la tunique « rouge et noire ». « Millas, c'est vraiment un club unique dans le département. Regardez ici, les joueurs ne reçoivent pas la moindre prime par exemple. Non, c'est très famille. Chaque dimanche, 95 % de l'effectif est natif du village. C'est à la fois notre force et notre faiblesse. Peut-être devrions-nous davantage nous ouvrir à l'avenir », poursuit celui qui évolue parfois aux côtés de Paul, son frère, qui l'a récemment supléé sur une tentative à Rieumes, au poste de buteur. Mais comme au plus obscur, il y a toujours un rai de lumière, Nicolas Ribes se rêve à nouveau conquérant. Impossible de croire que sa dextérité soit périmée. A force de frotter les cailloux, sûr, il va retrouver l'étincelle. Et c'est peut-être la Côte Vermeille qui pourrait en faire les frais, dimanche, dans un stade Roquefort qu'il fit souvent hululer à la joie.


Arnaud Hingray