14.05.2014

Autopsie d’une hécatombe

Les clubs catalans n’ont pas brillé en championnat de France le week-end dernier avec deux qualifiés pour huit éliminés...

millas, championnat de france des séries, rugby, bernard mira, sorède, olivier allègre, EscBasAsp, eric caulo, St-Cyprien Latour, Sébastien lopez, USM► Le Millas de Samoura a buté sur Saint-Girons, un adversaire lourdement armé.

Le week-end dernier, sur dix clubs catalans engagés en championnat de France, huit ont baissé pavillon. Mais pour certains acteurs interrogés, cette berezina est due à un concours de circonstance. « On était pas mal diminués et on est tombés sur une belle équipe, note Bernard Mira, président de Sorède, éliminé par Thèze en 4e série (44-20). Et peut-être n’avons nous pas mis le même investissement qu’avant la finale régionale (gagnée face à Cabestany) ».

La décompression après le titre ?

En gros, brandir un planxot de champion du Pays Catalan suffirait à satisfaire les ambitions des joueurs. « On a eu trois semaines de repos entre notre finale et le championnat de France, explique Olivier Allègre, troisième ligne de l’EscBacAsp battu par Maubourguet en Honneur (22-14). Je pense qu’on a manqué de rythme et on n’a pas forcément mis les ingrédients. Ils n’étaient pas plus forts, on est juste passés à côté. Est-ce que notre championnat est plus faible ? Je ne sais pas. Après notre titre, on a peut-être plus pensé à faire la fête et on n’y était pas ».

Un championnat pas assez compétitif ?

Eric Caulo, entraîneur de St-Cyprien Latour battu par Lezat-sur-Leze (22-9) en 1re série, parle également de décompression. « La logique voudrait que le championnat de France soit motivant. On a un peu laissé la tête à Aimé-Giral (où St-Cyprien Latour a battu Bompas) et on est tombés sur une bonne équipe avec des décisions arbitrales qui nous ont porté préjudice. Si la formule du championnat y est pour quelque chose? Peut-être, mais quelle est la solution ? Les clubs Honneur pourraient se rapprocher du Languedoc ». Pour Sébastien Lopez, entraîneur de Millas battu par Saint-Girons en Honneur (19-12), c’est la faiblesse du championnat qui plombe les clubs roussillonnais. « On n’est pas du tout préparés au championnat de France. On prend le premier du Midi-Pyrénées qui ressemblait à une équipe de troisième division. Eux, ils ont vingt-quatre équipes en Honneur. Nous, quatre dont une fantôme. Alors l’année où tu n’as pas un niveau élevé comme il y a deux ans avec Le Boulou et la Salanque (champion de France et quart-de-finaliste), tu n’es pas prêt. La solution ? Peut-être se rapprocher des clubs de l’Aude ». En attendant de trouver la solution miracle, Ponteilla et le Vallespir, qui ont survécu à l’hécatombe, vont se sentir bien seuls ce week-end. L.M.

21.04.2014

L’immense exploit de l’EscBacAsp

HONNEUR, finale. Les Ententistes ont réussi une grande prestation pour dominer Millas à Aimé-Giral.

millas, EscAspBac, US millas, aimé giral, billes, anthony durand, conilh, olivier allègre, lamine tourek, lionel pérez, laurent morales, l'IndépendantL’air s’est sérieusement rafraîchi en ce début de soirée sur Aimé-Giral. Mais ivres de bonheur, les joueurs de l’EscBacAsp ne veulent pas quitter la Cathédrale qui les a couronnés rois ni le maillot de leur exploit. « C’est énorme, exceptionnel, lance Anthony Durand, une nouvelle fois excellent dans son rôle d’arrière-buteur hier (20 pts). On est une famille et cette victoire on l’a arrachée à l’envie, au mental ». Autant de vertus qui leur ont permis de renverser la hiérarchie et d’envoyer dans les cordes une équipe de Millas pourtant loin d’être ridicule (25-14).

Ce sont d’ailleurs les « rouge et noir » qui entraient le mieux dans le match. Les Millassois occupaient la moitié de terrain adverse et multipliaient les prises d’initiative. Mais sans déborder l’énorme défense de l’EscBacAsp, socle de son exploit. Capable d’engloutir le feu-follet Billes derrière une percée de Conilh (17e) pour la seule réelle opportunité millassoise en première période.

n Le Gal perce-muraille

L’USM s’en remettait donc à la botte de Pelissier pour scorer. Durand lui répondait et on se dirigeait vers un score nul à la pause (6-6). Jusqu’à l’inspiration de Le Gal. Le 3/4 ententiste prenait un minuscule espace dans la défense adverse avant d’échapper à quatre défenseurs pour filer en dame (13-6, 38 e). L’exploit était en marche. Galvanisés par leur avantage à la pause, les coéquipiers d’Olivier Allègre, une nouvelle fois au four et au moulin, parvenaient à limiter l’impact de l’imposant pack millassois. Perturbés, ces derniers balbutiaient leur rugby. Et si l’USM parvenait à trouver la faille suite à un groupé pénétrant (16-11, 57e), les joueurs de l’EscBacAsp ne doutaient pas, à l’image d’un Durand impérial (6/7 au pied). Ce dernier assénait le coup de grâce sur un drop magique (25-14, 80+4), point final d’une rencontre qui restera dans les annales. Autant pour son affluence (plus de 1500 spectateurs), que pour l’histoire exceptionnelle de cet incroyable EscBacAsp, qui va désormais tenter de renverser des montagnes en championnat de France. Avant, peut-être, de se frotter à la Fédérale 3. L.M.

Ils ont dit...

Lamine Tourek (pilier de Millas) : « C’est dommage. On n’a pas pris le match par le bon bout et on a eu du mal à se mettre en place en défense. Je pense qu’il y avait pas mal de pression pour certains qui n’avaient jamais vécu un match comme ça. J’estime que l’EscBacAsp était au-dessus sur ce match. Ils ont bénéficié de nos fautes et leur buteur était au point. De notre côté, on a eu du mal à concrétiser au début alors qu’on dominait. C’est une bonne claque pour repartir (NDLR Millas est qualifié pour les barrages du championnat de France). Ça reste dommage parce qu’on s’était dit certaines choses. On n’avait pas le droit de perdre aujourd’hui pour certaines personnes ».

Lionel Pérez (coentraîneur de l’EscBacAsp) : « On a fait une super préparation, dans l’émotion (NDLR les joueurs père de famille se sont fait remettre leur maillot par leur enfant). Les joueurs ont joué avec le cœur, ont mis beaucoup d’envie. Ils ont joué comme il le fallait. On est parvenus à les contrer devant. Il faut féliciter tout le monde et je pense que ça a été un beau match de rugby. Ce soir il y a énormément d’émotion parce qu’il y a une génération de joueurs qui arrête à la fin de la saison et les mecs ont montré qu’ils voulaient vraiment aller chercher ce titre ». Recueilli par L.M.

12.03.2012

La Salanque CR punit Millas

millas, Eric Billes, Thomas Aouissi, Ortiz, Sebastien Orell, Mach, Paul Ribes, Olivier Allègre, Marc Juan, CR la Salanque, US millasBret et les Salanquais ont maîtrisé les débats.  © Photo G.M.

La tête entre les mains, assis à côté du banc de touche de Millas, Eric Billes ne peut retenir ses larmes. On joue à peine la 25e minute de jeu et ses entraîneurs viennent de remplacer l'arrière "rouge et noir" par Thomas Aouissi. Le talentueux 3/4, dans un jour sans, est passé à côté de son match. Son erreur, un ballon mal négocié dans ses 22 sur un coup de pied à suivre d'Ortiz (SCR), a permis à la Salanque Côte Radieuse de récupérer le ballon et d'amorcer une attaque au large conclue par Casas en bout de ligne (10-0, 23e). Mais il serait franchement injuste d'attribuer à Billes la responsabilité de la défaite de Millas à Torreilles (15-3). Archi-dominés, les Millasois ont traversé la première mi-temps comme des ombres, encaissant deux autres essais par Sébastien Orell (2e) derrière un groupé pénétrant, puis sur une inspiration géniale de March, qui laissait la défense visiteuse sur place après une touche vite jouée (35e).

Mis sous pression, il est vrai, par la Salanque Côte Radieuse, les partenaires d'un Paul Ribes lui aussi peu inspiré avaient déjà abandonné à peu près tous leurs espoirs de ramener quelque chose de Torreilles à la pause (15-0). "Sans envie, sans engagement, ce n'est pas évident de jouer au rugby", lâchait, dépité, Olivier Allègre, le flanker millasois, à l'issue de la rencontre. "On s'est peut-être vus trop beaux". La pénalité réussie par Ribes en début de deuxième période (48e, 15-3) adoucit à peine la mauvaise opération : Millas voit la Salanque Côte Radieuse s'envoler au classement : "Ils prennent cinq points et nous zéro", soupirait Marc Juan, coentraîneur de Millas avec Marc Adroguer. "Même si je pense que Le Boulou peut gagner ici (NDLR à la Salanque), ça va être très dur pour la première place".