04.03.2011

Rodriguez, le « papa » de l'USM

rodriguez.jpgParler de Millas avec Lionel Rodriguez c'est un peu comme feuilleter un livre d'Histoire. Joueur de l'USM depuis plus de 20 ans, le troisième ligne aile a tout connu avec les « rouge et noir ». Du bon, comme ces trois montées en Fédérale 3, et du moins bon, avec deux relégations en Honneur.   « J'ai fait mes toutes premières apparitions quand Millas était en Fédérale 2. Il y avait de très bons joueurs. J'étais junior et je venais quand il manquait du monde, mais à partir de l'école de rugby, j'ai toujours joué à Millas. A part un an en cadets à l'USAP ». Entraîneurs, joueurs, dirigeants sont arrivés puis repartis. Lui est toujours resté malgré   « quelques contacts. Mais je ne pouvais pas partir, je dois tellement à ce club où je me sens bien ».   

Tellement bien que le grand ami de Marc Adroguer, ex-coéquipier désormais entraîneur, y finira sa carrière.   « Je ne me vois pas ailleurs. Je me donne encore deux ans pour jouer mais après j'arrête. Quand ma femme lira ça, elle ne sera pas contente »,   lance le flanker dans un éclat de rire.

  Quoi qu'il en soit, le jour où Lionel Rodriguez dira stop, l'US Millas perdra gros. Non seulement sur le terrain, mais aussi dans le vestiaire. Capitaine depuis plus de 10 ans,   « pour ma première on avait pris 50 points à Rivesaltes », se souvient-il amusé par l'anecdote, le papa d'Adrian, 3 ans et demi, est aussi celui d'une formation millasoise en majorité composée de jeunes joueurs.

  « C'est un peu ça, oui. Quand je vois les Nicolas et Paul Ribes ou Olivier Allegre, je me souviens que j'ai aussi joué avec leurs pères. C'est un peu bizarre mais c'est l'histoire du club. L'esprit de clocher, les jeunes qui montent. C'est ça Millas. 95 % de l'effectif est composé de gars d'ici. Et après leur carrière de joueur terminée, les mecs qui en ont envie s'investissent au club ».

Supporter du Real

Pour lui, la voie est toute tracée. Coach de la réserve la saison dernière, Rodriguez s'est consacré au terrain avec la montée en Fédérale 3, mais l'expérience lui a plu.

« Entraîner, c'est quelque chose que j'aime. Le jour où j'arrêterai de jouer je me tournerai vers ça. Chez les jeunes d'abord ». Avant, pourquoi pas, de prendre les rênes de l'équipe une dans quelques années.   « Ça s'est toujours passé comme ça ici. Marc Juan en est l'exemple. Il a entraîné les jeunes avant de prendre la une ».Mais celui dont le père est originaire de Grenade,   « il est venu un été ici pour cueillir les pêches, a rencontré ma mère et n'est plus jamais reparti », n'est pas prêt à ranger définitivement les crampons.

« J'ai encore envie de jouer. Le rugby c'est ma passion. J'aime encore me donner à fond au milieu des jeunes ». Des jeunes qui ne le ménagent pas.   « Ils me chambrent beaucoup parce que je suis supporter du Real Madrid. Je sais que c'est étrange ici mais ma famille est d'un coin où tout le monde est pour le Real. D'ailleurs je suis déjà allé à Madrid pour les voir jouer. Mon malheur c'est que le Barça a de très bons résultats en ce moment ».

Ses coéquipiers n'ont pas fini de le chambrer. Mais, au fond, ça ne le dérange pas plus que ça. A Millas, dans sa « famille », Rodriguez est heureux :   « Ce club, c'est chez moi, j'y suis bien. Je veux vraiment sauver sa place en Fédérale 3 ». Ensuite, le vieux soldat cédera sa place aux jeunes. Pourquoi pas à Adrian, son fils. On dit que l'histoire est un éternel recommencement. A Millas peut-être un petit peu plus qu'ailleurs.