10.05.2011

Cadavres de Millas : sur la piste du gang des «bitumeurs irlandais»

millas, cadavres, piste, bitumeurs irlandais, evening heraldL'article a été publié ce lundi 9 mai dans l'édition du Evening Herald.

Après les pistes allemande, roumaine, ou encore sicilienne, voilà désormais qu'une piste irlandaise se dessine dans l'enquête sur l'assassinat des deux hommes retrouvés dans le secteur de Millas en novembre dernier. Un père et son fils, de 50 à 60 ans et de 35 à 40 ans, exécutés à coups de calibre 7.65 dont les corps ont été enroulés dans des tapis orientaux, des sacs de gravats en plastique noir attachés avec du ruban adhésif et dont l'identité demeure toujours inconnue.

C'est le journal Evening Herald qui a révélé cette information en faisant sa Une hier matin sur l'affaire et en affirmant que les deux victimes étaient des Irlandais. Concrètement, les investigations menées par les services de gendarmerie français se poursuivent, une cellule spéciale a même été créée et un appel à témoins, accompagné des portraits reconstitués des deux hommes, a été diffusé auprès de toutes les unités à l'échelle européenne et mondiale dans l'espoir d'effectuer des rapprochements avec des personnes disparues. Et ce notamment par le biais des empreintes dentaires inhabituelles du père qui posséderait un bridge un peu particulier. Deux de ses dents seraient faites d'un alliage en or et céramique, un procédé qui paraît assez coûteux.

Comme partout, les enquêteurs ont donc pris attache avec les Gardai (policiers irlandais). Et, selon les journalistes de ce pays, si les investigations n'en sont qu'à leurs débuts,"il y aurait certains éléments qui montreraient que les victimes avaient des liens avec le secteur de Rathkeale à Limerick."

Des centaines de victimes en Europe 
En outre, le père et le fils seraient membre de la communauté des gens du voyage et pourraient appartenir au gang des "bitumeurs irlandais" (lire encadré). Des escrocs aux mains noires qui, les bons mois, parviennent à se faire un chiffre d'affaires frôlant les 100 000 euros. Un commercial, qui parle un français correct, passe d'abord en voiture. Puis cinq ou six ouvriers débarquent avec plusieurs engins immatriculés en Grande-Bretagne. Les équipes sont mobiles et l'argent est encaissé au nom de sociétés qui changent constamment de nom et de lieu. Un véritable phénomène à grande échelle dont les membres ont empoché de très grosses sommes en escroquant des centaines de personnes à travers toute l'Europe et qui aurait aussi des attaches avec ce même quartier dont seraient issues les victimes à Limerick.

"Nous ne sommes pas particulièrement sûrs que ces deux hommes font partie de cette équipe mais un témoin dans un camping semble les avoir reconnus", rapporte Evening Herald, selon une source proche de l'enquête en France. "Cette personne a reçu une famille d'environ 50 personnes l'été dernier et deux d'entre eux ressemblaient aux reconstitutions faciales".

Selon nos sources, cette piste a bel et bien été exploitée un temps par les enquêteurs mais elle aurait été, après vérifications minutieuses, rapidement refermée. Les deux victimes présumées seraient en effet toujours vivantes. Le mystère demeure... mais l'hypothèse des arnaqueurs irlandais ne pourrait-elle pas fournir la clé ?

Toute personne susceptible de fournir des renseignements est priée de contacter le +334 68664433 ou, par internet, Hompo66@ gmail.com. Les photos sont disponibles sur le site http ://www.gendarmerie.defense. gouv.fr/judiciaire.