13.08.2012

De Caracas à Millas, Castañeda apprend le métier de matador

millas,corrida,fabio castañeda,jimenez,javier jimenez,moreno silva,taureauxFabio Castañeda rarement été à son avantage hier à Millas.

C'est un torero de peu. De peu d'expérience, de peu de métier, de peu de technique. Mais de beaucoup de kilomètres. Un jeune homme venu de son Venezuela natal se construire un destin en France et en Espagne. Brun et solide, Fabio Castañeda apprend. Il voyage en classe toro, mais version low-cost. Loin des grandes arènes et des triomphes annoncés. Il se coltine ces petites plazas où il y a plus à perdre qu'à rêver. "C'est un novillero baroque", présente Bernard Lopez, indéfectible monsieur corrida à Millas depuis près de 30 ans.

Malgré la Tramontane, pire ennemi des matadors, et face à des Moreno Silva inégaux, faibles pour les trois premiers, complexes et avisés ensuite, Castañeda a tenté de faire le métier hier dans une arène pleine aux deux tiers. A sa façon : généreuse, mais brouillonne.

L'oreille de Jimenez

"On voit qu'il manque d'expérience. Il s'expose inutilement. Il a manqué son second novillo (le dernier de la journée), alors qu'il offrait tout pour triompher. A l'image de cette pique vraiment spectaculaire", juge André Viard, le chroniqueur taurin. "Il ne sait pas tuer. Mais, il est courageux. Et puis, ils sont rares aujourd'hui, les novilleros qui banderillent".

Fabio l'a fait, et bien fait, hier. Ce furent les seuls moments où la musique l'accompagna. Où le rose et or de son costume recevaient un brin de lumière. Castañeda apprend ce qui ne sera peut-être jamais son métier : matador.

millas,corrida,fabio castañeda,jimenez,javier jimenez,moreno silva,taureauxL'Andalou Javier Jimenez devrait lui rapidement franchir le pas. Intelligent, posé, plutôt élégant de ses naturelles, il a coupé la seule oreille de la tarde à son premier. Aurait même pu doubler la mise ensuite, mais, il bousilla sa mise à mort.

millas,corrida,fabio castañeda,jimenez,javier jimenez,moreno silva,taureauxLe Mexicain Sergio Flores prend son alternative dans trois semaines. Donc, hier, il n'a pris aucun risque, aucune initiative. Il a traversé Millas sans daigner s'y arrêter. Dans son coin, Fafio Castañeda ne comprenait guère. A Caracas comme à Millas, lui ne galvaude rien. C'est son prix à payer pour espérer encore. Thierry Bouldoire